‹ Le renégatChapitre 242 sur 334 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

se fraye un passage. Son glaive est comme une verge flamboyante devant lequel tout recule , tombe et périt. Suivi d'Alaor et des soldats de sa garde échappés à l'affreux carnage , il dirige sa course impétueuse vers les rochers qui bordent la mer, sans qu'A thime ait pu s'opposer à leur fuite; l'incendie a cessé d'éclairer la rive : à la faveur des ténèbres , ils se glissent entre les rocs de la Méditerranée, et sous leurs antres inaccessibles disparaissent à tous les yeux.

Un brouillard épais s est élevé. La nuit. est d'une obscurité profonde. Agobar et son compagnon fidèle fuient de cavernes en cavernes... Au bout de plusieurs heures ils s'arrêtent. Ils sont entièrement seuls. Le reste de leurs défenseurs a péri ou s'est égaré. Ils ont cessé d'entendre les cris des Musulmans qui les poursuivaient. Echappés miraculeusement au féroce Athime, ilo se couchent épuisés de fa~

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tiguo et blesses, au pied d'une roche déserte.

Après quelques heures d'un assoupissement presque léthargique , le fils de Thierri relevant son front pale et sinistre de la pierre sur laquelle il avait reposé, jette un œil hagard autour de lui. A peine se rappelle-t-il les événemens qui viennent de l'accabler. Le présent et le passé se peignent confusément à son esprit comme les images fantastiques d'un effroyable rêve. Le sang coule de ses blessures, qui sont peu profondes, mais nombreuses. Bientôt les souffrances physiques le rappellent à lui-même, ou plutôt aux souflrances morales. Le conquérant de l'ibérie, le favori de la victoire, n'est plus qu'un renégat proscrit.

Un douloureux soupir l'arrache aux réflexions du désespoir , c'est Alaor mourant qui l'appelle. îl s'élance précipitamment vers lui. Les membres engourdis du jeune Sarrasin n'ont plus de mouvement; il parait au mo-'

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