LIVRE IX. i
)) solitudes, protégées par les troupes fran- » çaises. De ce grand bâtiment elles ont fait » un couvent. C'est ici que chaque jour elles » prient le ciel de protéger notre belle et pure )) Ezilda, l'hëroine de la patrie; et c'est ici » qu'elles demandent chaque jour à l'arbitre i) suprême de délivrer l'Europe chrétienne )) des Musulmans et d'Agobar. »
En ce peu de paroles que de traits acérés!... chaque coup a porté. Le Renégat ne répond rien. Les noms d'Amalberge, de Ségorum, et surtout celui d'Ezilda viennent de déchirer son cœur. Ces noms, loin d'irriter sa colère, ont un charme qui le subjugue; mais que ce charme a d'amertume I Changeant le cours de ses pensées, il n'a fait que varier ses supplices.
L'étrangère continue son récit : ce — Une )y des religieuses de Loragniat avant hier a » cessé de vivre ; et c'est sa dépouille mortelle » qu'aujourd'hui l'on rend à la terre. L'infor- » tunée était au pi^intemps de la vie, et jamais
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» il ne fut de plus singulière et de plus cruelle » destinée que la sienne. Presque aussi belle » que la souveraine de nos montagnes, elle » fut une des victimes de l'impitoyable Ago- » bar. Nëe sous le ciel de l'Arabie , elle était » fîUe d'un monarque et portait le nom de » Zarèle.
)) — De Zarèle!... interrompt le prince. (( — Son histoire merveilleuse, poursuit la fille » de Loragniat, est maintenant connue de toute » la contrée. Qui pourrait le croire ! la malheu- » reuse Zarèle fut éprise du monstre qui com- )) mande aux Sarrasins. Lui ayant été vendue )) comme esclave , n'étant point encore chré-- » tienne , soumise aux esprits infernaux , elle » sentit s'allumer en son cœur la passion impie » et délirante qui devait la précipiter au tom- » beau. Repoussée avec mépris par le guerrier » farouche aux pieds duquel elle se proster- » nait , puis livrée par le barbare au chef de » ses janissaires, Zarèle fut sauvée de l'escla-