LIVRE IX. i
» \ âge et de l'opprobre par notre célèbre ins- » pirëe , par notre immortelle Ézilda.
)) — Ézilda!... répète Agobar.
» — Quoique au milieu des saintes femmes » d'Amalberge, reprend l'inconnue , bien que » dans la maison du Seigneur, Zarèle n'a pu » bannir de sa pensée l'image funeste du chef » musulman. Le oiel , pour la punir sans doute » de ses premières erreurs , a laissé l'amour » consumerpeuàpeusa vie. Envain^ convertie » et chrétienne , nuit et jour elle baignait de » ses pleurs le marbre des autels et suppliait » le Tout-Puissant d'arracher l'impie de son » souvenir, il y demeurait en traits de flam- » mes y et torturait sans relâche sa victime. » Enfin , les cieux ont eu pitié d'elle ; elle a » péri. La belle vierge de l'Arabie, aux der- » nier s jours de son supplice, n'était plus qu'un » spectre décharné. Bienfaisante comme la » rosée du matin , pieuse comme la sainte de » son cloître, elle a vu venir la mort comme
i56 LE RENEGAT.
» un envoyé divin. Et pourtant, concevez » l'excès de sa passion insensée ! le dernier » nom qu'a prononcé sa bouche expirante )) était l'odieux nom d'Agobar.
» — Eloignons -nous d'ici ! — s'écrie Alaor » interrompant ce cruel entretien, et saisis- » sant le bras de son ami.... Voici la route )) d'Angustura ! »
En ce moment, le cortège funèbre de Zarèle s'avançait lentement vers le champ du repos. » — Laisse-moi ! » dit le Renégat repoussant son frère d'armes; puis d'une voix sourde et lugubre : « — Je veux voir passer sa dé- » pouille. »
Il jette un regard effrayant sur le cercueil et sur les religieuses qui le suivent. Voilà ces mêmes filles d'Amalberge devant lesquelles recula sa troupe barbare !... Son esprit se retrace cette sorte de vision fantastique , de nuée lumineuse, d'apothéose triomphante* qui lui vint offrir Ezilda... Mais alors au comble de la