‹ Le renégatChapitre 253 sur 334 · LIVRE IX. i · texte numérisé non relu

LIVRE IX. i

puissance , et rayonnant de gloire , il tenait dans ses mains le sort de la France... Le malheureux Agobar se cache le visage avec un pan de son manteau ; et s'appuyant contre l'angle du saint édifice , il pousse un gémissement plaintif... C'est l'adieu qu'il adresse à Zarèle.

Malgré sa résistance , Alaor parvient à l'arracher à ce douloureux spectacle. Il redouble de soins et d'eflbrls, il l'entraîne, ... Ils sont au pied de la montagne. Le ciel est dégagé de tous nuages. Agobar^ plongé dans de noires rêveries 5 se laisse machinalement conduire. En vain son dévoué compagnon l'entretient de son armée , de l'amour qu'elle porte au vainqueur d'Angustura , de l'enthousiasme que réveillera son retour, le prince demeure impassible et muet. Cette apathie hors de son caractère effraye le cœur du Sari-asin fidèle : il lui fait entendre tour à tour des paroles d'espérance et de triomphe , de vengeance et de

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tendresse. Inutiles épreuves ! le fils de Thicrri conserve son calme farouche. Ses facultés intellectuelles paraissent anéanties; et le jeune Alaor, comme la vague qui se brise plaintive au pied du roc sauvage y s'adresse vainement à l'ame inébranlable que dessèche l'adversité. Au détour d'un sentier escarpé taillé entre des roches , ils rencontrent un voyageur qui , descendu de sa monture, se rend à Loragniat. Ses vêtemens annoncent un chevrier des Cévennes ; et cependant, d'après ses manières et son langage , il parait d'une classe plus distinguée ; peut-être est-ce un guerrier de Sé- *yorum revenant déguisé de quelque mission secrète. Alaor l'aborde , et lui de-mande la route d'Angustura. « — Continuez à suivre » ce chemin, répond le montagnard; et dans » peu d'heures vous arriverez au mont Relia , » d'où vous apercevrez de loin le champ cé- )) lèbre , mais funeste , qu'au point du jour » j'ai traversé.

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