LIVRE IX
du montagnard , il révoque en doute les scènes que ce voyageur leur a racontées. Il s'efforce de lui persuader qu'un faux rapport a pu l'abuser ; il réussit enfin à lui présenter quelque espérance dans le présent , et quelque perspective dans l'avenir.
Mais l'imagination fougueuse d'Agobar , agitée par la crainte et par l'incertitude , ne prend plus aucun repos. Forcé de rester inactif lorsqu'il voudrait être parmi ses troupes , il se tourmente et se désespère. Son cerveau de plus en plus s'allume y et l'irritation de ses esprits rend sa guérison impossible. Alaor ne voit plus qu'un seul moyen de rétablir le calme en ses sens , et par-là de sauver ses jours ; c'est d'aller à la plaine d'Angustura , de s'y assurer par lui-même de l'esprit de l'armée 5 et d'y soulever contre Athime les légions dévouées d'Agobar.
11 communique son projet au prince , et par la force de ses raisonneraens parvient à le lui
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faire adopter. Il est convenu entre eux qu Aî^obar demeurera caché sous la chaumière du bûcheron jusqu'au jour suivant ; que cette nuit même Alaor , se procurant un coursier agile, ira au camp des Sarrasins ; qu'il s'introduira déguisé jusque sous la tente des guerriers dont le dévouement lui est connu ; et qu'à l'aurore naissante , de retour auprès de son frère d'armes , il l'instruira de ce qu'il devra faire.
La nuit étend ses voiles. Le jeune Musulman est parti. Aux soins du bûcheron il a vivement recommandé son ami : il vole aux champs d'Angustura.
Se roulant sur sacouche douloureuse comme sur des charbons embrasés, le prince, que dévore une (ièvre brûlante , appelle vainement le sommeil. En une étable attenante à la cabane est un lit de fougère où le bûcheron dort paisiblement^ et près du foyer une lampe, suspendue au plafond , éclaire le réduit inai-