‹ Le renégatChapitre 257 sur 334 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

gent , renceirite enfumée, le seul refuge qui reste en ce moment à l'homme de la victoire , à l'auguste descendant de Clovis , au fils des héros et des rois.

Promenant ses regards autour de lui :

« — Horrible solitude î s'écrie-t-il , quoi î rien )) ici rien qu'Agobar et le désespoir ! »

Sa tête appesantie est retombée contre la muraille : « — Alaor ! poursuit-il d'une voix )) gémissante ^ mon frère , mon ami , re- » viens î... A la vengeance , à la gloire , aux » grandeurs , je renonce à tout , hors à toi....

» Alaor , ne me quitte plus î Loin de toi

» je ne saurais vivre. »

Un sommeil plus fatigant encore que l'insomnie vient torturer l'infortuné par d'effroyables visions : il n'est sorti des tourmens réels que pour se débattre avec des tourmens imaginaires : lorsqu'un bruit soudain le réveille. Quel spectacle s'offre h sa vue î

iro LE RENÉGAT.

Sous la cabane , auprès du foyer qu'ils viennent de rallumer , deux soldats musulmans ont cherché momentanément un abri. Glacés par l'air humide de la nuit, ils réchauffent leurs membres engourdis ; le bûcheron y tremblant auprès d'eux , s'empresse de les désarmer et de les servir ; la voix rauque de ces guerriers et leurs menaces continuelles , redoublent à tout moment son effroi. Féroces bandits de l'armée infidèle , ils s'éloignent chaque nuit et secrètement du corps auquel ils appartiennent , et vont piller au loin les hameaux sans défense et les chaumières isolées. Sur la table du bûcheron , ils ont déposé leur butin , se composant de quelques sommes d'argent , et de vivres de toute espèce. Ils se débarrassent de leurs poignards et de leurs cimeterres. Ils se sont préparé un repas; et bravant la loi du prophète , ils s'abreuvent à longs traits des vins et des liqueurs fortes dont ils ont fait abondante provision.

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