LIVRE ÏX
') circonstances Tonl servi ; et ses chefs étaient )> de grands hommes. Quant à moi , je ne » vois en lui qu'un transfuge , un renégat, un » réprouve' — »
Une exclamation étouffée interrompt Tentrelien des mécréans. L'un d'eux se lève , saisit la lampe , et s'avançant vers le réduit enfumé d'où le son lugubre est parti , découvre le lit d'Agobar.
Pour ne plus voir le visage atroce des brigands , le prince a recouvert sres yeux des lambeaux déchirés qui lui servent de draps. L'angoisse de ses souff'rances et le feu de la fièvre ont entièrement dérangé sa raison. « — Quel )) est cet homme ?... dit le Sarrasin s'adressant » à son hôte effrayé. — Un des ouvriers de la » forêt, répond le bûcheron ; percé de coups » par les bandits de nos montagnes , ii est n venu mourir sous ce toit. »
Le féroce soldat , sans répondre , arrach • ies haillons qui lui dérobent la vue du malade
in4 LE RENÉGAT.
oxpiranl , et l'interrogeant d'une voix sépul-
chrale : « —Misérable chrétien! qui es-tu ? >>
Agobar , les yeux effarés y se redresse sur son séant : ses traits livides et décomposés joignent à l'empreinte de la mort l'affreux aspect de la démence. 11 touche à l'heure de l'agonie ; et cependant les muscles tendus de sa poitrine et de ses bras nus , l'énergique expression de sa mâle figure présentent encore l'extérieur d'un athlète redoutable. Une partie de sa personne est dans l'obscurité : la lampe n'éclaire fortement que sa tête pâle et son front menaçant. Son corps ^ jadis de fer , a conservé l'apparence de la vigueur. Sa main , tachée de sang , se lève pour repousser l'ennemi. Le brigand recule épouvanté . . . (c — Non , )) s'écrie-t-il , cet homme n'est point un bû- )) clieron. »
Puis revenant sur ses pas : « — Encore une :» fois ! qui es-tu ?... — Qui je suis ?.. . répond » le prince égaré. Tu le sais bien , tu m'as