‹ Le renégatChapitre 265 sur 334 · LIVRE X. i · texte numérisé non relu

LIVRE X. i

» — Allez et revenez sans crainte , répond )) la fille des prodiges. Une voix secrète me » rassure; il ne se réveillera point. »

Tandis que Gondaïr amène la barque au rivage , Ezilda jette sur le front d'Agobar quelques gouttes de l'eau du torrent; elle coupe les cordes qui liaient ses membres et l'attachaient au fatal brancard; et d'une voix plaintive elle l'appelle .

Le iîls de Thierri revoit la clarté du jour; il soulève sa tête , et son premier regard rencontre le regard d'Ézilda. Pendant plusieurs instans il est sans souvenirs et sans douleurs : ses souffrances ont momentanément cessé ; et dans tout son être le calme le plus doux succède aux plus horribles angoisses. Telle que Fange gracieux des ineffables visions , la princesse , en le soutenant, semble l'environner des secourables faveurs d'un atmosphère nouveau y d'une terre purifiée. Tout est enchan-

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temens autour d'elle. Son accent est l'harmonieux soupir des célestes amours; et son souille, portant la vie , est le parfum du nouvel Eden.

(( — Où suis-je ! dit le héros troublé sans » s'expliquer ses propres paroles , ai-je quitté » l'infernal séjour!... Que vois -je ! Ezilda près » de moi !. . . Serais-je aux portes des palais de » gloire?...

» — Mérites -tu qu'on te les ouvre!... lui » répond une voix chérie. — Où tu es on est » dans, les cieux, interrompt le prince ; où tu

frapperas pour moi, j'entrerai.

Que Dieu t'entende et nous reçoive! )) s'écrie l'héroïne avec feu. Suprême arbitre » des destins ! faites qu'il ait prophétisé ! »

Gondaïr est de retour, et la nacelle les attend. (( — Fuyez ! dit le vieux des montagnes, » j'entends au loin des voix confuses. L'ennemi » peut-être s'approche. »

Il dit'; parmi les provisions dont il s'était.

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