‹ Le renégatChapitre 266 sur 334 · LIVRE X. i · texte numérisé non relu

LIVRE X. i

muni pour le voyage d'Ézilda , se trouve une liqueur fortifiante qui ranime les sens d'Agobar. Aide par Gondaïr , il se lève lentement, et se traîne jusqu'à la barque. Déjà la princesse est dans la nacelle à ses côtes. Sa main a saisi l'aviron ; et le barde , en détachant la corde qui les retient encore au rivage, leur adresse un dernier adieu.

« — Vieillard ! s'écrie soudain le prince , » arrêtez î... Au nom de celle qui prend pitié » de mes destins, écoutez ma prière. Con- » damné à mort par Abdérame , et poursuivi » par la rage d'Athime , je suis proscrit , et la » trahison m'a ravi ma puissance; mais mon » ami dévoué , mon frère d'armes , Alaor ne )) m'a point délaissé. Cette nuit il ne s'est éloi- >) gné de moi que pour s'occuper de mon sa- )) lut. Ce matin il doit venir me retrouver >) dans cette cabane de bûcheron qu'à travers » les arbres nous apercevons d'ici. Allez l'atn tendre sous ce toit rustique , dites-lui com-

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)) ment Ezilda m'a sauvé. Qu'il sache par vous » en quelle retraite cette barque va me con- » duire, et qu'il puisse venir m'y rejoindre. )) Vous rendrez-vous à mes vœux? Me le pro- » mettez-vous ? »

Gondaïr hésite à répondre. Son silence équivaut à un refus. Le héros cherchant par la force de son ame à suppléer à la faiblesse de son corps, veut s'élancer aussitôt de la barque; mais son effort est impuissant, a — Non , re- » prend -il avec l'accent du désespoir, je » ne quitterai point ainsi mon fidèle Alaor. » J'aime mieux me remettre entre les mains » d'Athime , me jeter au fond du torrent, que >) l'abandonner avec cette lâche indifférence. » Qu'on me sorte de ce bateau! Laissez-moi, » cruels ! . . . laissez-moi !

» — C'est votre roi, c'est mon époux, dit » à voix basse la princesse au vieux de la roche w noire; » et son doux regard le supplie...

f< — Je n'ai point une autre nacelle, ré-

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