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LIVRE X

cariatides à demi-sculptëes décorent ces antres spacieux qui par des flambeaux éclairés resplendiraient de mille feux , et sembleraient l'atelier des fées.

La barque de Gondaïr vogue au milieu de ces phénomènes de la nature sans qu'Ezilda puisse les remarquer. Une lueur douteuse , d'obscurs reflets percent seuls et péniblement la froide vapeur des cavernes où des essaims d'oiseaux nocturnes déploient leurs longues ailes noires.

Le fils de Thierri garde le silence. Tant d'événemens divers l'ont frappé successivement, qu'il se croit le jouet de songes incohérens. Ne sachant où il est , ignorant où il va, ne concevant rien à sa nouvelle situation , il ne veut plus ni penser ni réfléchir. Calme en

vergne ; — Depping, Merveilles et Beautés de la nature en France ; — Bory de Saint-Yincent , Annales des voyages ; — Journal des Savans , 9 sept. i684.

dépit de ses souffrances physiques, il parait convenu avec lui-même de ne plus se débattre ni avec la douleur ni avec la destinée. Que ce soient visions ou réalités qui l'entourent, peu lui importe ! Une intelligence cachée dit à son cœur que ce moment ne peut être funeste , puisque c'est Ézilda qui préside à son rêve ou à sa vie.

Enfin une lumière lointaine a brillé . Un air plus doux se glisse sous la voûte cristallisée. L'atmosphère s'épure, l'onde court avec plus de force ; le torrent s'élargit. La nacelle s'élance avec rapidité des entrailles de la terre , comme le captif dont le cachot s'ouvre : et le couple persécuté, revoyant le dôme céleste, se trouve sur un sol enchanté.

Ceinte d'une couronne de rochers , la vallée de Fontanias j telle qu'une œuvre d'amour et de mystère , s'offre à de mi- voilée par des ombrages voluptueux. L'azur d'un ciel pur et se-

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