LIVRE X
3) le même langage !... Ah , du moins par » pitié pour moi.. .
» — Pardonne ! dit le prince attendri ; ce » sera la dernière fois. Je te le jure y désor- ); mais je respecterai ta croyance : j'écouterai » tes discours chrétiens ; hélas ! pour te ré- » pondre et combler tes vœux, que ne puis-je » parier un langage aussi divin que tes acceus , )) aussi pur que tes espérances, aussi sublime » que ton ame ! ))
Que ces mots ont doucement retenti au fond du cœur de la princesse ! Ses efforts ne sont point infructueux : chaque jour , de quelques pas de plus, elle rapproche A go bar de son Dieu. Puisse-t-il bientôt à Fontanias être l'Astolphe de Polméran !
Plusieurs semaines se sont écoulées. Le fils de Thierri a quitté le lit des douleurs ; ses yeux pleins d'expression ont repris leur vif éclat : l'Alcide a recouvré sa vigueur martiale
et sa uiàle beauté. Mais pourquoi souvent , même auprès d'Ezilda, soupire-t-il avec amertume ?... Il ne voit point paraître Alaor. Craignant d'affliger son amie , il lui cache ses tourmens secrets. Qu'il est encore loin d'être heureux !
Tombé du faite de la puissance , il ne sent que trop en lui-même que le Renégat , maintenant^ n'est aux yeux de l'univers qu'un être à jamais dégradé. Humilié de sa chute présente , il l'est parfois de ses grandeurs passées. Lorsqu'il retourne aux époques de sa gloire , c'est le désespoir qui l'accable : lorsqu'il revient à la vertu , c'est le remords qui le saisit. De tous côtés sont des supplices ; et sous quelque aspect qu'il considère sa position , son cœur est constamment déchiré.
Les puissances du mal reviennent aussi le poursuivre , et combattre en lui Ézilda. S'il était possible que son armée lui fût restée fidèle!... Si de faux récils l'avaient abusé!...