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LIVRE XI

Vaine espérance ! la fatalité l'emporte. Le prince et ses janissaires sont sous les murs de Miltaïd. Les ombres ont rapidement remplacé la lumière. Près du château, sur une immense plaine , se déploie le camp de Mohamud , dont les feux allumés s'élèvent aux cieux en tourbillonnant. Les cris des sentinelles, le mouvement confus des bataillons et le roulement des charriots de guerre , se mêlant aux hennissemens des coursiers et aux sons aigus de la trompette , formaient je ne sais quelle harmonie nocturne et sauvage qu'Agobar eut écoutée jadis avec ivresse, et qu'il ne retrouve plus qu'avec effroi. Ces ténèbres peuplées l'étonnent et le repoussent. Le désordre de ces champs hérissés de troupes , ces nuages de fumée qui couvrent l'air, ces ordres rauques et discords qui n'ont rien d'humain que le son, celte réunion d'hommes de sang aiguisant les armes du meurtre, tout lui paraît barbare et sinistre. Ces images lui sont-elles

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donc nouvelles ?. . . .Ces objets ont -ils donc changé ?.... non ; mais son coeur n'est plus \e même .

Selon le plan qu'ils ont adopté , le chef et son escorte passent rapideriient les premiers postes 5 ainsi qu'une ti^oupe détachée ^ rent^^ant d'une expédition secrète. Arrivés au pont-levis , ils sonnent du cor : les portes s'ouvrent aussitôt; le pont se baisse devant eux : le prince est sous la voûte perfide où l'appelle la trahison. Il s'avance d'un pas assuré à travers une haie de piques et de lances. Avec fracas derrière lui le pont-levis qu'on relevait

est retombé comme la hache d'un échafaud

Présage affreux ! . , . C'en est fait du héros célèbre, du descendant de Mérovée ! Agobar s'est livré lui-même , il n'est plus pour lui de salut . Il demande aux gardes du fort d'être conduit à Mohamud. Par des guichets mal éclaii^s , par de longs corridors étroits et par d'innom-

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