M^ RENÉ(;AT
la chapelle se présenleiit auxvoyageurs. Bientôt la princesse est aux portes du cloître. Hélas ! elle espérait y trouver la paix ; et toutes les horreurs de la guerre l'attendent encore en ce séjour : plusieurs chevaliers français échappés au massacre de Béziers , et longtemps poursuivis parles Sarrasins, sont venus demander asile aux saintes femmes d'Amalberge. Blessés, épuisés de fatigue, expirans , ils sont étendus aux parvis sacrés de la chapelle , sur des lits dressés à la hâte ; et les religieuses pansent leurs blessures.
Parmi ces infortunés se trouve Léodat , prince des Avernes (i), paladin renommé. La fille de Théobert accueillie au monastère avec transport, s'approche du noble guerrier. Elle a renvoyé son escorte à Lutève ; elle est restée seule au couvent. De son lit de douleur le
(i) Avernes ou Arvernes. C'est l'ancien nom de l'i^uvergne.