LIVRE I
prince a tourné la tète vers elle, et la vierge des Cévennes dans tout l'ëclat de sa beauté se montre à ses regards surpris.
Emerveillé des charmes de la princesse , interdit et troublé , Léodat cherche en vain à recueillir ses esprits.... lorsque tout-à-coup d'horribles cris percent les airs. Les portes de l'abbaye et de l'église se ferment avec fracas. Des hordes guerrières ont découvert la pieuse retraite. Un bruit eflVajant d'armes et de chevaux retentit autour de l'enceinte révérée. De féroces accens menacent le temple chrétien. Des imprécations en un langage barbare sont répétées par l'écho des voûtes antiques. Le cloître est entouré de Musulmans, et n'a pour défenseurs que des femmes.
Les sœurs hospitalières tombent éplorées au pied des autels. Nul espoir de salut ne peut leur être offert; ni la clémence ni la pitié n'ont jamais été connues des inflexibles Musulmans. Les outrages et la mort , voilà le
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destin qu'ils reservent à leurs victimes sans
défense.
De nouveaux éclats de voix se font entendre à l'extérieur. C'est un guerrier survenu toutà-coup en ces lieux , c'est sans doute un chef suprême que salue l'acclamation générale qui vient de partir des rangs sarrasins. Une voix , celle de la terreur elle-même , au fond du sanctuaire a répété le cri du dehors : — i( Agobar î »
Ce nom fatal achève d'étendre les crêpes de la mort sur la chapelle d'Amalberge. Chaque religieuse agenouillée demeure glacée d'épouvante , et l'air manque à sa poitrine défaillante comme à celle de l'infortuné qui cherche à prendre sa dernière respiration sous la hache levée du bourreau.
Les féroces Musulmans demandent à grands cris que les guerriers français recueillis au monastère et surtout le prince des Avernes leur soient livrés à l'instant même Au-