LIVRE Xf
» foudroie : c'est en ces Ikux et par mes mains » que la terre sera délivrée d'un monstre qui )) l'épouvantait.
» — Mohamud! s'écrie Alaor de l'accent )) du plus affreux désespoir, est-ce toi qui viens )) de parler!...
)) — Adolescent faible et crédule! répond » dédaigneusement l'Africain, on s'est joué » de ta simplicité. Tu te croyais le chef d'une » ligue, et tu n'étais que l'instrument d'une » trahison. Enfant présomptueux! quoi donc! » au gré de tes désirs tu pensais diriger des )) hommes!. . . Enthousiaste admirateur d'Ago- )) bar , en ce fort , au fer des bouri^eaux , toi- » même as livré ton ami. »
Le jeune Sarrasin tombe contre un pilier en poussant un cri déchirant. On le croirait frappé de mort, si l'agitation convulsive de ses membres n'attestait qu'il existe encore.
L'inexprimable angoisse d'Alaor rétablit un calme apparent dansTame du fils de Thierri;.
248 LE i\ENÉGAT.
la douleur de son frère d'armes l'affecte plus vivement que la déloyauté de Mohamud.
« — Traître ! . . . » dit -il au chef maure , en lui jetant un regard d'indignation.
(( — 11 te sied bien, interrompt l'agent d'A- » thime , de donner à d'autres ce nom ! Qui » l'a mieux mérité que toi!... Vil renégat î le » ciel est juste. Celui qui a trahi son Dieu doit )i être trahi par les hommes. Gardes! qu'on les » mené aux cachots! »
Les janissaires de Mohamud se saisissent de leurs victimes. Le prince et son ami sont entraînés hors du salon d'armes. Ils descendent les degrés tournans qui conduisent aux souterrains du manoir. Ils parcourent d'obscures allées caverneuses : de malfaisantes vapeurs y rendent l'air suffoquant; et les murailles verdâtres y sont couvertes d'insectes venimeux.'Une grille de fer a roulé sur ses gonds : ils se trouvent en une vaste prison dont la