‹ Le renégatChapitre 303 sur 334 · LIVRE XL · texte numérisé non relu

LIVRE XL

» repond le fils de Thierri ; dans ces affreux » et derniers momens nous avons besoin l'un )) de l'autre. ))

Alaor à ces mots se traîne agenouillé jusqu'à lui. Cachant sa tête humiliée dans le manteau de son ami : i< — Moi ! ton frère!.... dit l'in- » fortuné : suis-je digne de porter ce nom !... » Je t'ai tiré de la vallée heureuse pour te pré- » cipiter dans l'abime , et j'ai servi tes assas- » sins. y)

Ses sanglots le suffoquent. ... il ne peut continuer. « — Ne brise point ainsi mon cœur , )) dit Agobar ; je puis résister à mes maux , je » succomberais à tes douleurs. Ne donnons » point ce nouveau triomphe à nos ennemis. » Conservons les forces de notre ame . »

Consolé par ce langage affectueux , Alaor relève son visage encore baigné de pleurs : « — Puisse mon trépas , reprend-il , assouvir » la fureur d' Athime î Les monstres î ose- » raient-ils immoler le plus célèbre des vain-

» «queurs !... Qu'ils t'épargnent ! je meurs heu-

» reux.

w O mon ami ! poursuit-il , pardonne au » créduie Alaor, pardonne-lui sa fatale er- » reur!... Conserve en ton cœur sa mémoire, )) n'oublie point combien il t'aima; et te rap- » pelant quelquefois sa vie , cette vie qu'il » t'avait consacrée toute entière , effaces-en les » derniers jours

)) — Non, répond Agobar; si le malheur n me condamne à te survivre , je ne saurais ni » ne voudrais bannir de mon souvenir un seul » des instahs que nous ' passâmes ensemble » sur ia terre j ils furent tous aussi purs que )) toi : je n'en connus jamais de plus doux.

)) — Quoi î tu me parles de ta tendresse ! » s'écrie le jeune Sarrasin; regarde en quel » lieu tu te trouves!... Je ne mérite plus que )) ta haine : accable-moi de tes reproches. . » — Des reproches !.. qui , moi ! jamais , » interrompt ^illustre captif. O toi doni la-

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