‹ Le renégatChapitre 305 sur 334 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

l'essaie pour son ami : Agobar implore et supplie....

Mais s'apercevant bientôt que par un ironique dédain ses prières sont accueillies , que nulle pitié ne parle à l'ame des soldats féroces, il s'interrompt.... son sang bouillonne ; avec l'espoir d'y trouver sa fin , il se jette au milieu des bourreaux ; et rassemblant ses forces athlétiques , reprenant cette énergie sauvage qui le rendait si redoutable , il lève ses bras chargés de lourdes chaînes , et parmi les vils assassins a fait soudain tomber la mort.

Sous ses coups multipliés et vigoureux , les Musulmans autour de lui sont de toutes parts terrassés : il les renverse , les immole , les foule à ses pieds avec rage. Mais hélas î la prison se remplit de nouvelles troupes accourues au bruit du combat. Sans autres armes que ses fers , il ne peut résister long-temps aux cohortes qui l'environnent. N'importe , il les défie , les menace j il ne les compte point.

256 LE REJNÉGAT.

il les frappe. Il braverait eu ce moment toutes les légions de Mohamud , toutes les foudres de la terre.

Ses yeux étincellent comme deux 'météores enflammés : sa taille colossale , sa vaillance héroïque , sa témérité sans exemple imposent encore aux barbares. Ils ont reculé devant lui. Mohamud alors se présente , il commande à ses janissaires , leur reproche leur lâcheté ; et de nouveau dans la prison l'horrible lutte recommence .

Retiré contre la muraille , Agobar , accablé de coups 5 épuisé par tant d'efforts , sent ses forces l'abandonner. Ses pieds s'embarrassent dans ses chaînes..... il chancelle : on a pu le saisir ; et par le milieu du corps , on le lie aux crampons de fer qui garnissent les murs du cachot.

Épouvantable barbarie ! Mohamud ordonne aussitôt le supplice d'Alaor. A la lueur s'épulchrale des lampes , le fils de Thierri ,

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