TOME II
finement de vengeance ! ils laissent devant
Agobar le cadavre de son ami.
Est-il dans la langue des peuples des expressions assez fortes pour peindre le désespoir du héros ! il est seul et n'a pu mourir. En un délire frénétique , par un efîbrt surnaturel , il arrache le crampon scellé qui le retenait à la muraille , et s'élance vers Alaor : puis arrachant les javelots dont il est couvert, il l'entoure encore de ses bras — mais hélas ! ce n'est plus que la mort qu'il a pressée contre son sein.
(( — O mon frère ! s'écrie-t-il ; toi qui réu- » nissais, à tout ce que l'homme a de plus )) magnanime , tout ce que la femme a de )) plus tendre ! la voix gémissante de l'amitié
» maintenant passe auprès de toi et ton
» cœur ne lui répond plus î »
Devant la sanglante dépouille du compagnon de sa gloire passée , il demeure quelques instans debout, immobile, l'œil fixe et ha-