‹ Le renégatChapitre 32 sur 334 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

cune réponse ne leur est faite. Des gémissemens ëtoiifTés sont les seuls accens qui partent de l'enceinte sacrée, voix douloureuses que ne peut ouïr l'infidèle , mais que le ciel peut écouter.

La fille de Théobert , telle qu'un génie supérieur étranger aux agitations de l'humaine nature, seule est restée debout au milieu de ses compagnes expirantes. Calme comme le rocher du phare qu'entourent les vagues soulevées de la mer et les débris épars du vaisseau naufragé , la princesse a levé sa main vers le dôme éternel; comme appelée d'en haut, d'une voix énergique et sonore , elle s'écrie : « — Dieu des chrétiens ! inspire-moi ! »

Puis s'adressant aux saintes femmes : — (( Levez-vous , filles du Seigneur! Ce temple » est la maison de Dieu. Le sauveur des )) hommes est ici : aux portes de cette abbaye, » sa voix en ce moment ne peut-elle crier au '» peuple dévastateur dont les flots sanglans

» roulent vers nous.... Arrête! tu n'iras pas

)) plus loin ! n

Elle dit ; et semblable au souffle de l'esprit divin , sou accent sublime , annonçant des secours miraculeux , a comme changé l'humble chapelle en imprenable forteresse. Les religieuses e'coutent; les fronts abattus se relèvent; la confiance rentre dans les cœurs; Tespérance reprend ses rayons ; la foi retrouve sa puissance ; et comme en un nouvel atmosphère , respirant avec liberté , les captives de l'abbaye se groupent autour de l'inspirée , attendant les ordres célestes.

— « O mes sœurs ! poursuit Ezilda , sous le » portique du saint édifice nous sommes appe- » lées en ce jour soit au triomphe^ soit au niar- » tyre : entre ces deux genres de gloire rÉternel » a choisi pour nous ; et qvielle que soit notre » couronne , d'un front serein, d'un cœur sou- )) mis , marchons toutes au-devant d'elle.

» Filles du ciel ! couvrez-vous de vos plu^i

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