‹ Le renégatChapitre 310 sur 334 · LIVRE Xll · texte numérisé non relu

LIVRE Xll

Irée ; elle n'a rien observé ni rien vu. Quelquefois ses liantes campagnes obtiennent un regard fugitif, a — Solitude paisible et pure ! » se dit-elle alors en son cœur , que je t'adj) mirais lorsqu'il te trouvait belle !.... tu fus )) pour moi la vallée heureuse ^md\s seulement }) lorsqu'il était là.

» Zarèle ! poursuit l'infortune'e , viens ici » me plaindre à ton tour ! J'ai blâme naguère » ta flamme.... et j'aime aujourd'hui comme » toi. »

Un soir , s'ëtant approchée du lion d'airain de la fontaine , elle se penche contre un saule et s'aperçoit dans le miroir de la nature. Surprise du changement de ses traits : « — Est-ce » bien là moi ! se dit-elle. Tout m'a donc à » la fois quittée... mais que m'importe ! il ne )) me voit plus. »

Son visage est baigné de pleurs. Hélas ! les cruels feux de l'amour s'alimentent encore par les larmes. Les sentimens passionnés

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qu'afl'aiblissent les plaisirs bruyans et que luent les mondaines joieS s'accroissent dans la solitude , et s'exaltent dans l'infortune. Leur élément est la douleur , et leur atmosphère est l'orage.

Lorsque deux cœurs tendres, enthousiastes et fidèles sont éprouves par le malheur, plus ils souffrent , et plus ils aiment. Qu'ils n'aient plus de vœux à former , avec les maux le charme fuit ; le bonheur que l'on vient d'atteindre à l instant même ne l'est plus. Le présent pour l'homme n'est rien ; tout s'efforce de lui prouver qu il n'est fait que pour l'avenir. Ici -bas rien ne le fixe , ne le contente , ni ne lui suffit ; perpétuellement il se devance. De la carrière des humains otez l'espérance et l'atlente , que restera-t-il à la vie !

Ézilda quille la fontaine. Elle passe auprès du bosquet d'orangers où , la veille de l'arrivée d'Alaor , le fier et sauvage Agobar à ses genoux se prosterna. Cette nuit d'amour et d'ivresse

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