‹ Le renégatChapitre 320 sur 334 · LIVRE XII. 9.S · texte numérisé non relu

LIVRE XII. 9.S

s'accroissent de son calme. Ou dirait que, spectatrice du triomphe d'autrui , l'hërome n'est qu'un te'moin étranger à la fête. Elle s'est comme séparée d'elle-même; mais des deux êtres qui la composent, aucun n'est sensible à la gloire. L'épouse de Clodomir n'est qu'à la douleur qui la poursuit, et la vierge libératrice n'est qu'à l'Eternel qui l'inspire.

Eziida cependant n'est point insensible au brillant accueil de l'armée; plus d'une fois des larmes d'attendrissement ont roulé dans ses yeux. Sous les murailles de Ségorum un instant elle fut prête à s'abandonner à l'émotion involontaire de son ame , lorsque du haut des airs des palmes et des guirlandes pleuvant autour d'elle lui rappelèrent le vainqueur d'Angustura. C'est ainsi que près du temple de Calmor l'enthousiasme guerrier jetait des couronnes au héros; et maintenant où sont ces couronnes ?. . . Qu'est devenu cet enthousiasme ! Le cœur d'Ezilda se resserre; et tandis que les

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acclama lions redoublent autour d'elle : (( — Pom- » peuses illusions de la gloire! se dit la vierge » en elle - même , je puis maintenant vous » regarder sansdanger ; Clodomir vous montre » à mes yeux , et je vous vois telles que vous » êtes. »

Soudain un courrier du camp de Charles Martel arrive à Sêgorum. Ses dépêches pressées sont remises à Lëodat. La marche triomphale est interrompue. Les trompettes se taisent. Le prince des Avernes apprend qu'entre les Sarrasins et les Français la bataille vient d'être engagée sur la plaine de Namorel, non loin du rivage des mers et de Calmor. Les troupes musulmanes sont innombrables. Charles appelle à son secours les guerriers de Sêgorum; sans eux il voit la France perdue.

A cette nouvelle^ répandue parmi les cohortes : « — Que l'usurpateur succombe! disent » les chefs de la forteresse. Le perfide a-t-il » mérite que les Cêvennes le défendent î Non,

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