LIVRE XII. o
» que son orgueil soit humilié! qu'il perde son » trône et qu'il périsse !
» — Peuples vaillans! guerriers français! » s'écrie énergiquement la princesse , (|uel » langage osez-vous tenir!... En cette journée » terrible , qu'importe qui commande à la pa- » trie, notre devoir est de la sauver. Charles )) Martel ne nous est plus rien, qu'un nom de » guerre et qu'un mot d'ordre. La France est » là y que nous fait l'homme !
)) Le maire du palais en tombant entraîne » la patrie dans sa chute. Si nous ne soutenons » la colonne du temple , ses voûtes nous écra- » seront. Lorsqu'il s'agit d'affranchir Tunivers » chrétien, votre cœur peut-il s'occuper d'inr, jures personnelles etd'inimitiés particulières! » Nobles chevaliers! imitez -moi. Je ne me » souviens d'aucun outrage, et j'ignore ce )) qu'est la haine. Il n'est plus pour moi sur la » terre d'autre ennemi que le Sarrasin, il est » aussi celui de Dieu. Volons au secours des
>) Chrétiens; aux armes, milices sacrées!... » L'Europe entière espère en vous; et nous » faisons en ce moment cause commune avec » le ciel. »
D'unanimes cris de vaillance et de guerre répondent à l'appel d'Ézilda. Ses paroles ont paru dictées par Dieu mêtiie. A sa voix les chefs obéissent; son vœu devient celui de tous; et son nouveau triomphe est complet.
L'héroïne entrée dans le fort s'y repose à peine : elle donne l'ordre du départ; et sur un blanc coursier des vallons de l'Yemen, dont la housse de pourpre et d'or semée de pierreries étincelle aux feux du matin, Ézilda s'élance aux combats.
Par la route de Miltaïd elle se rend à Namorel : elle a communiqué ses plans aux chevaliers de Léodat, et tous les ont approuvés. Us approchent du château de Mohamud. Un des montagnards envoyés par la princesse à la dé-