‹ Le renégatChapitre 322 sur 334 · LIVRE Xlï. 2B · texte numérisé non relu

LIVRE Xlï. 2B

couverte revient en toutehàte vers elle. Quelle affreuse nouvelle il apporte!... Mohamud , par ordre d'Athime, vient d évacuer Miltaïd. Sa division a du rejoindre avant l'aurore celles du représentant d'Abdérame. Le chef africain a concentre toutes ses forces àNamorel. Agobar et les prisonniers français ont été dirigés vers les cotes de la Méditerranée, défendues par les armées musulmanes ; et le manoir abandonné, livré aux flammes par les Sarrasins, n'est plus que cendres et ruines.

A ce récit, l'espoir de sauver Agobar s'éteint dans l'ame d'Ezilda. Une pâleur mortelle couvre son front; un frisson glacial l'a saisie

Mais tous les regards sont fixés sur elle le

sort de la terre peut-être dépend de cette heure fatale. La vierge des Gévennes sent qu'elle doit le sacrifice entier d'elle - même , de ses douleurs comme de son repos , à sa patrie qui l'observe. Dévorant en secret ses larmes, comprimant ses souffrances amères , défendant la

plainte à son cœur , elle s'efforce de paraître calme et confiante. Quand la destinée de l'Europe est d'un cote de la balance , de l'autre côté, pour les peuples , que la sienne est d'un faible poids î . . .

Son visage a repris sa sublimité divine : c'est celle non d'une orgueilleuse puissance , mais d'une complète abnégation. Holocauste volontaire offerte à son pays , elle marche vers le champ de la gloire , comme la fille de Jephté vers le bûcher de la montagne. Étrange situation ! au plus haut degré des honneurs , elle est au comble de l'infortune; et, déplorant sa célébrité, elle se regarde avec compassion. Tandis que l'enthousiasme et l'admiration l'escortent, c'est la pitié consolatrice qui seule devrait Faccompagner.

Elle s'éloigne de Miltaïd. Elle suit la route de Namorel; et du dernier roc des Cévennes, à la troisième heure du soir, elle aperçoit

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