‹ Le renégatChapitre 327 sur 334 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

èlre vivant oublié sur un globe dépeuplé , telle qu'un dernier débris de la nature humaine , erre seule et frappée d'horreur en ces lugubres solitudes.

Mais l'héroïne des Cévennes , en tournant l'angle d'un rocher, aperçoit soudain devant elle le monument de Fabius. Elle reconnaît les lieux où elle se trouve, et ses alarmes se dissipent : l'ouragan dans toute sa rage alors dévastait la contrée ; Ézilda sous la pyramide cherche un abri momentané. Elle entre.... ô crime I 6 désespoir ! Quel objet se montre à ses yeux?... étendu, baigné dans son sang , le corps inanimé d'Agobar.

Elle s est élancée vers lui.... les yeux du prince sont fermés; cependant il existe encore. Les prisonniers de Mohamud, que cette enceinte a renfermés, déjà voguent en pleine mer; et le malheureux Agobar, là poignardé

par un monstre, seul, loin de tout secours,

expire , abandonné du monde entier.

Agenouillée près du héros , elle soulève sa tête naguère si belle et si martiale. Hélas ! les ombres de la mort couvrent déjà ce front superbe devant qui les grands de la terre se prosternèrent si long-temps. (( — Clodomir î s'esl- » elle écriée, cher Clodomir î entends ma » voix. »

Déchirant ses vêtemens et le drapeau qu'elle tenait encore , elle cherche à fermer ses blessures... soins inutiles! il demeure sans mouvement. Morne et consternée , les yeux fixés sur la victime : u — Voilà donc, reprend » Ézilda, voilà. le descendant de Clovis,rhé- » ritier du trône de France, et le vainqueur )) d'Angustura î . . . Orgueil des conquérans î » gloire humaine! venez sur ces rives funè- » bres, venez prendre une horrible leçon. »

Des provisions oubliées par Mohamud sont restées au fond de l'enceinte obscure; Ézilda

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