‹ Le renégatChapitre 332 sur 334 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

» t'aime.... el le choix de la messagère est un » présage de salut.

» Lève avec moi tes mains tremblantes vers » la voûte du Créateur... Prions ensemble un » Dieu clément; et^ j'ose ici te l'assurer^ l'es- » pérance en ton cœur va descendre, et les » cieux s'ouvriront pour toi. »

La vierge des Cévennes triomphe. Une larme religieuse a coulé des yeux d'Agobar. Ils joignent leurs mains , et tous deux invoquent le Juge suprême : « — O toi que j'ai » tant offensé ! dit le prince y tu vois le re- )) pentir qui m'accable ; jette un regard de » pitié sur moi, j'implore ta miséricorde...

» O mon Ezilda ! poursuit-il d'une voix » affaiblie et mourante , intercède pour ton » ami î tes prières auront dans le ciel l'empire » qu\ines avaient en ce monde. Je le sens, la » foudre s'éloigne... Oui, l'Eternel a par- » donné , puisqu'il a voulu qu'Ézilda , mon » ange protecteur sur la terre, épurât mes

3o8 LE RENÉGAT.

» derniers momeiivS et reçut mon dernier

» soupir. ))

Alors un long gémissement échappe malgré lui do son sein. La mort réclame sa victime. Le noble Hls de Tliierri n'aperçoit plus sa bi«naimée. Son œil s'éteint, sa poitrine s'oppresse. .. Tirant son anneau de son doigt : (( — Chère » Ezilda , dit le héros , reprends ta bague » nuptiale ; nos nœuds ici-bas sont rompus.

» — ]\'on , rien ne peut rompre nos nœuds , )) dit la vierge désespérée. Tu meurs.... je » renonce à la terre : Dieu ne nous laissera :>; pas long-temps séparés. Va m'attendre au )) séjour de gloire ; quelques jours sois heu- » reux sans moi ! Que dis-je ! ... je ne te quitte )) point ; ma vie sera où tu vas être.

» — Je ne sens plus ta main dans les mien nés , » reprend Agobar ; et le froid mortel qui les » glace aura bientôt gagné mon cœair. Ap- » proche ! que je te voie encore!... Mes bras » ne peuvent plus te presser... Accorde à Ion

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