‹ Le renégatChapitre 47 sur 334 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

« Celle de la gauche a son issue près d'un cliâ- » teau occupé par les Sarrasins ; et celle du » milieu , qui plonge au centre de la terre , » est tout-à-fait impraticable.

» Demeurez calmes en cette retraite inac- » cessible. Ces vastes souterrains, inconnus » de nos jours, servirent jadis de refuge aux » troupes du héros de Gergovie (i) luttant » contre Jules César. Fiez -vous à la Provi- » dence qui veille sur vos jours : et ne vous )) laissez point abattre par l'adversité.

» Je vais vous quitter quelques instans afin }) d'aviser aux moyens de vous arracher de ce » funèbre asile. J'essaierai de me rendre au )) camp de Charles Martel, et peut-être ob- » tlendrai-je de lui des troupes pour venir » vous délivrer. Avec ma harpe , ma robe et » mes chants , je parcours librement ces mon-

(i) Vcrcingintorix. Gergovie , capitale de rAuvergtic était sa patrie.

» tagnes. Demain je serai de retour parmi )) vous. Adieu, filles du Seigneur ! songez » que les souffrances et l'infortune supportées » avec une pieuse résignation sont pour ar- » river a l'éternelle félicité les plus beaux ti- » très des humains. »

Il dit : son visage serein , ses promesses rassurantes , ses saintes exhortations ont calmé l'effroi des sœurs hospitalières. Il allume autour d'elles plusieurs lampes , examine les provisions qu'il leur laisse , et retourne seul à la grotte miraculeuse.

Sans trouble et sans inquiétude , la fille de Théobert parle à ses compagnes : elle leur montre les merveilles de leur palais souterrain , et leur fait admirer les sublimes horreurs des bouleversemens volcaniques. De même que la terreur est un souffle contagieux qui abat ce qu'il peut atteindre , le courage est une flamme électrique qui vivifie ce qu'il

Page 1