LIVRE IL io
» gaire, il occupait l'Europe alarmée. Marqué » d'un sceau terrible et mystérieux , assem- » blage de contrastes , il semblait , parmi les » hommes, étranger à la masse humaine, un » mortel à part sur la terre. J'avais d'abord » redouté son approche ; bientôt je désirai )) sa vue.
)) Agobar triomphant traverse la province » où le pirate de la INubie avait Hxé quelques » instans son errante demeure, he chef mu- » suhnan , à la prière de l'Ethiopien , s'ar- » ré te auprès du bazar. C'était donc en miséj) rable esclave que la fîUe des souverains )) allait paraître en sa présence. A cette af- » freuse pensée un torrent de larmes inonde >j mon visage ; et lorsque traînée devant le » héros , je l'entendis s'approcher de moi , » un nuage couvrit ma vue , et je me sentis » défaillir.
» L'impitoyable Africain , arrachant le voile » qui couvrait mon front , parut irrité de ma
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» douleur 5 mais Agobar eu fut touché. Ses » dernières paroles à l'avare pirate reten- » tissent encore à mon oreille. — Deux mille » sequins !... Ils sont à toi. Puis m'adressant » la parole : — Jeune esclave , vous êtes libre.
>) — Libre î répétai-je avec étonnement ; » et pour la première fois j'osai lever les yeux )) sur le célèbre Sarrasin. Je tressaillis ; son » regard calme me fixait avec intérêt. L'écla- » tante beauté de ses traits égalait la majesté » de son maintien. Plus merveilleux qu'un » songe enchanteur , plus parfait qu'un mo- » dèle antique , non , ce n'était point un » homme ^ ce n'était point un dieu , c'était » plus que tout ce que rêva la pensée , que » tout ce que divinisa l'enthousiasme.
)) Dans l'ivresse de la reconnaissance ^ de » l'admiration et déjà môme de l'amour, prête )) h. me jeter dans les bras du guerrier libéra- » teur , je cherchais à lui peindre mes senti- » mens. Mon ame était toute dans mes re-