‹ Le renégatChapitre 56 sur 334 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

)) gards , il ne put se mépreadre aux trans- » ports d'une flamme naissante. Sa physio- » nomie devient sombre ; ses sourcils fronce's » marquent le courroux ; il me repousse du- ') rement , et d'une voix farouche me crie : » ' — Jeune Arabe , tu n'as plus de maître ; » mais si ton cœur est reconnaissant , ne » reparais plus devant moi.

» Je restai muette et comme frappée de la » foudre. Agobar s'était éloigné. — J'étais » libre, m'avait-il dit. Hélas! c'est alors seu- » lement que venait de commencer pour moi » la véritable servitude. Esclave du maitre le » plus absolu 5 de l'amour le plus tyrannique, » de ce moment je n'ai plus goùlé de repos, » je n'ai plus connu d'espérance. »

Zarèle à ces mots s'interrompt. Sa voix étouffée ne trouve plus de sons. Tous ses souvenirs sont amertumes, toute son existence est douleur.

io8 LE RENÉGAT.

(f — Tu pleures , reprend-elle en regardant » la princesse avec surprise , tu es sensible ; » ô que de telles âmes sont rares ! douce » créature ^ je te remercie. »

Puis lui tendant la main d'un air presque égaré : (( — Ne me quitte pas encore , lui » dit-elle ; parler de lui est un supplice , » mais j'ai besoin de ce supplice , il me sou- » tient dans la vie comme ces remèdes âpres )) et factices qui de quelques heures retardent » l'agonie. Vois ce beau palais, ces bosquets )) harmonieux , cette nuit suave et pure , » ce pavillon voluptueux î ce ne sont pour >) moi que cachots et ténèbres. La terre n'a » plus d'enchantemens. Cette nature est » aride et morte , je ne lui demande qu'une

» tombe Et cependant s'il était là ! si

» contre mon cœur je sentais battre le sien , )) où seraient les cieux ailleurs qu'ici!....

» Etrangère compatissante, ah! si tu n'as » point encore connu l'amour, regarde-moi,

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