LIVRE IT. ii
)) t-il y ami fidèle ! où donc es-tu?.... » Puis , par une issue dérobée , il se précipite hors de la salle.
Tandis qu'à ses gardes dévoues- il donne au -dehors ses ordres pour l'arrestation des factieux 5 Ezilda , près du lit de repos d'Agobar , aperçoit une brillante épée. Ce n'est point un fer musulman , c'est une arme française ; et le travail de la poignée, les caractères qu'on j voit graves , les diamans qui la décorent , tout annonce une épée royale.
La fille de Théobert prend le glaive et le considère avec une surprise toujours croissante. Les souveraines armoiries de France, peintes sur émail, y sont entourées de pieri'es précieuses; et l'auguste nom de Thierri III y brille en caractères d'or.
Agobar rentre à l'instant. Quel changement en lui! Ce n'est plus l'homme sanguinaire, ce
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n'est plus le soldat féroce , c'est le guerner reconnaissant, c'est le héros des jours de gloire . Il s'approche de la princesse. Noble en sa marche comme la majesté suprême, calme en son maintien comme la magnanimité, beau comme la création nouvelle au sortir du chaos , Agobar s'exprime en ces termes :
{( — Pardonnez, belle étrangère, j'ai du )) vous paraître un barbare. Hélas î au prin- » temps de ma vie , l'adversité me poursui- » vaut avec furie a , telle qu'une flamme dé- » vorante , desséché au fond de mon ame les » sources pures de la bienveillance et de l'hu- » manité : la modération , la bonté , la bien- » f aisance y reparaissent pourtant quelque- » fois , mais à la dérobée , et comme de mal- )) heureux exilés qui de nuit et furtivement se » glissent sous le toit paternel.... »
A ces accens qui l'attendrissent , Ezilda détourne la tête. (( — Agobar ! dit-elle avec » trouble , à qui ce glaive appartient-il ^ »