‹ Le renégatChapitre 72 sur 334 · LIVRE m. i · texte numérisé non relu

LIVRE m. i

Gonclaïr ont erillèremeiit rétabli leurs forces.

Le vieux de la roche noire les précède, 11 rappelle à la princesse l'entretien secret qu'il désire avoir avec elle ; et bientôt marchant à quelque distance de ses compagnes , il lui parle seul en ces mots :

i( — Je connais le chef des Sarrasins, prinn cesse; guerrier loyal, il tiendra scrupuleu- » sèment ses promesses. Les filles d'Amalberge )) seront conduites au camp français sans courir » le moindre danger : elles seront respectées » par les Musulmans, et leur salut est assuré.

» Mais vous , fille de Théobert ! pourn suit-il d'un ton solennel , pourquoi suivre » leurs pas ! en vous rendant au camp de Charles » Martel , que prétendez-vous faire ! Non, ce )) n'est point là que vous remplirez vos hautes » destinées; ce n'est point là qu'une mission )) divine vous appelle. »

Feignant de ne point remarquer l'extrême surprise d'Ezilda : « — Une voix d'en haut m'a

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» parlé, continue-t-il avec énergie. Une vision » céleste vous a montrée à moi parmi les vier- » ges immortelles que l'Éternel a jadis , et de » loin en loin, fait apparaître à la terre pour » la conversion des pécheurs ou la délivrance » des peuples. Je vous ai vue au milieu des » nuées, environnée de troupeaux égarés que » vous rameniez au bercail ; j'ai vu sous vos » pieds un cercle d'étoiles , et sur votre front » couronné j'ai vu les palmes de la gloire »

Il s'interrompt. Un rocher le cache aux religieuses qui le suivent. Il s'arrête ; et, comme saisi de l'esprit divin , îe barde des Gaules s'écrie en son enthousiasme chrétien : « — Fille )) du Seigneur, lève-toi î... Vierge élue , ap- » pelle tes frères !... Astre sauveur, luis sur » la France ! )i

11 dit. Ses paroles mystérieuses , son accent sublime , son exaltation sainte , ont pénétré l'ame d'Ézilda d'une religieuse confiance. La merveilleuse analogie de la vision de Gondaïr

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