LIVRE IV
ronnée par la victoire , prélude au salut de l'Europe.
Cependant le découragement est dans les armées de Charles Martel. Montpellier , Nimes j Avignon sont tombés au pouvoir du Renégat. Moronte ^ duc de Provence, vient de livrer lâchement à l'ennemi sa personne et son territoire. Une partie du Dauphiné , Arles , Marseille et autr^ villes appartiennent aux Musulmans. Luitpsrand , roi des Lombards 3 traite avec Agobar. L'Italie est menacée du sort de l'ibérielet de la France méridionale : la terreur est d^ns tous les royaumes chrétiens (i).
O bizarrerie de la destinée î... ô contrastes inconcevables ! tandis que les plus puissans potentats de l'Europe ne songent qu'aux moyens d'échapper aux féroces Mahométans par de
(1) Voyez Daniel, Mézerai et autres historiens.
honteuses concessions ou des retraites déshonorantes, une femme et quelques montagnards , inaccessibles à l'effroi , inconnus des grands de la terre , ne s'occupent que de conquêtes , n'aperçoivent que des lauriers ; et sans alliés , sans richesses , phalange errante , à peine armée, vont en se jouant des périls attaquer les maîtres du monde.
Au milieu de gorges profondes , à travers les rochers et les précipices, Ezilda conduit ses guerriers et présenta tous le silence. Gondaïr n'est point auprès d'elle ; par son ordre , il est allé parcourir le nord des Gévennes. Annonçant partout une libératrice, s'introduisant dans les manoirs ainsi que dans les chaumières , le vieux barde appelle aux combats les habitans de la province : tel depuis, prêchant la croisade, l'ermite Pierre armait les peuples. Gondaïr, prophétisant la victoire aux montagnards soulevés, somme , au nom du ciel et