‹ Le renégatChapitre 97 sur 334 · LIVRE IV. i · texte numérisé non relu

LIVRE IV. i

sentinelles musulmanes. Les noires murailles de la citadelle re'fléchissent des clartés incendiaires. La terreur , ainsi qu'une vapeur orageuse 5 court de vedette en vedette , de redoute en redoute , de bataillons en bataillons. Parmi les assièges la consternation se peint sur tous les visages , la confusion est dans tous les rangs , et Talarme est universelle. « — Aux » armes! aux armes! trahison ! crient les sen- )) tinelles arabes. — Ezilda , victoire et mi- » racles î » re' pond la cohorte française.

Les montagnards ne songent plus à battre en retraite, ils foncent sur leurs ennemis avec la fougue de l'audace et l'assurance du succès. A leur tour ils portent la mort , et jettent devant eux le désordre. Les Sarrasins fuient , les Français les poursuivent ; et sous la grande porte d'entrée , les vainqneurs avec les vaincus , pèle mêle , se précipitent.

Cependant, calme au milieu de l'épouvante générale , le commandant de la forteresse a

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rassemblé sa garnison : il fait refermer sur les montagnards les portes de Ségorum. 11 rallie les fuvards ; et montrant à ses soldats combien est faible la troupe qui les attaque , il rend la vaillance à leurs âmes, et cerne l'imprudente cohorte.

Mais le courage des Français s'accroit avec les dangers ; formant un bataillon carré , ils bravent les légions ennemies. Le carnage devient horrible... les Musulmans combattent avec rage ; quelques-uns d'entre eux tiennent d'une main un flambeau résineux , et de l'autre leur cimeterre; le sang ruisselé ; les casques , les turbans , les sabres , les boucliers roulent du haut des remparts. La phalange française est rompue. De sinistres lueurs éclairent l'effroyable mêlée. Chaque soldat saisissant corps à corps un ennemi ne lâche prise que lorsque le cri de la mort ou le râle de l'agonie , en proclamant son triomphe , lui commande de passer à une autre victime. Bientôt , obscurci

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