‹ Le renégatChapitre 98 sur 334 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

par une noire famée , le terrain jonche de cadavres et couvert de brûlantes torches que tiennent encore les Sarrasins expirans , s'otTre comme un lac de sang , de bitume et de flammes, d'où s'élèvent des figures menaçantes , où s'entassent des corps livides , sur lequel des spectres se débattent.

Les guerriers chrétiens s'affaiblissent , ils désespèrent du succès , pour la seconde fois ils succombent.... Soudain du donjon de la forteresse partent de nouveaux cris d'alarmes. Le commandant arabe y vole. Six cents montagnards en sont maîtres.

A peine introduite dans la place , Ezilda ^ de la tour où brûlaient les feux du signal, s'était rendue par des passages souterrains à la poterne occidentale. Elle avait ouvert cette autre issue à sa seconde cohorte, et marchait à sa tête au secours de la première.

« — Trahison ! trahison ! ) crient les Musulmans en fuite que poursuit la nouvelle ar-

mée. « — Ézilda^victoire eirniracles! » répondent les Français secourus. Leur triomphe n'est plus douteux.

Aux remparts où se fît le plus horrible carnage, la vierge des Cëvennes paraît. De nombreux flambeaux lëclairent et l'entourent. S'appuyant sur une blanche bannière elle tient une e'pée , c'est celle du commandant de Ségorum que sa troupe a fait prisonnier. « — La » citadelle est rendue, dit l'héroïne , que tout ;} combat cesse à l'instant ! »

A ces mots , des acclamations redoublées portent aux nues le nom glorieux d'Ezilda ; les Musulmans désarmés tendent leurs mains aux fers ; tout est vaincu, tout est soumis ; et portée en triomphe par les vainqueurs , la souveraine des montagnes plantant son drapeau sur le fort, prend possession de sa conquête.

Parmi les chefs sarrasins , relevés couverts

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