INVOCATION À LA SANTÉ
O toi, que Ganîmède aux cieux.
Dans le calice de la yie Versait mêlée à l'ambroisie, Au banquet solennel des Dieux; O santé, pour toi tout soupire ; Du trépas vient briser la faulx.
Sous nos pas ferme les tombeaux, Relè?e sur eux ton empire.
Resterais-tu sourde à nos vœux, Quand la nature renouvelle.
Et sur nos rives te rappelle.
Four faire avec toi des heureux?
Privés de ta douce influence.
En foulant à nos pieds les fleurs, Les arroserions-nous des pleurs Du malheur et de la souffirance?
Au sortir de cette stupeur.
Qui la retint ensevelie.
Quand tout respire de ta vie Le heaume régénérateur:
Sur les fleurs et sur la verdure Nous seuls destinés à languir, N'aurions-nous vu que pour mourir Le doux réveil de la natuie?
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£t cet astre, qui dans les cieuz.
Roule si brillaDt sur nos têtes.
Après le règue des tempêtes, Et nous vivifie à ses feux:
En se dégageant du nuage, N*a-t-il rallumé son flambeau Que pour éclairer au tombeau Notre inévitable passage?
Que nous importe le printemps, Que la pelousse refleurisse.
Que la rose s*épanouisse.
Mille autres charmes séduisants?
S*il devait fondre encore sur nous Ce fléau funeste, efiroyable.
Que le Tout-Puissant implacable Sur nous lança dans son courroux.
Quoil sur nos malheureuses plages, Quand ses traces, de toutes parts.
Attestent encore aux regards Ses épouvantables ravages :
Que la patrie encor voilée, Et couverte d^habits en deuil, S*agenouillant sur le cercueil, Pleure sa triste destinée.
Portés sur Taile des zéphirs.
Revenus enfin dans nos phdnes, Empoisonnant, par leurs haleines, Nos espérances, nos soupirs; n reviendrait avec furie, Inopinément de retour.
Ainsi qu'un avide vautour.
Ronger le sein de ma patrie!
Sans pitié pour ses longs malheurs, Quand sa^blessure saigne encore ; Qu*nn cruel souci la dévore.
Ne laisse point sécher ses pleurs; D*une fois, il la rendrait victime Des maux, dont le seul souvenir.
Semble cR)us ses pas entr^ouvrir Lq proiond et funefitA «htsiet
LE BÉFEBTOntE NATIONAL. 221
C'est donc yainement que nos cris Au temple ont redit nos alarmes ; CTest donc vainement que nos larmes En ont arrosé le parvis?
De Fabîme de nos misères, Si notre voix s'élève en vain, Si le ciel pour nous est d'airain; Cessons d'inutiles prières I
Mais que dîs-jeP espérons encor....
Lorsque l'espérance encourage, Cest la planche après le naufrage, Qui conduit quelques fois au port ; C'est cette lumière lointaine Qui, du voyageur que poursuit L'horreur des ombres de la nuit, Va guider la marche incertaine!
Oui! flattons-nous d'un sort meilleur!
n dissipera les ténèbres Naissant des souvenirs funèbres De la soufBrance et du malheur....
Santé, c'est dans toi que repose Cet avenir consolateur?
"^ens opérer dans notre cœur Cette douce métamorphose.
Vois comme au sein de la cité Partout Factivité s'empresse, Avec prudence, avec sagesse, A t'offrir un site assuré!
Comme la terre se couronne Pour toi de verdure et de fleurs!
Souris donc aux vœux de nos cœurs, Fixe au miliea de nous t(»i trône.
Rends-nous tes précieux bienfaits!
Que l'industrie enfin renaisse!
Que le convnerce reparaisse Aussi florissant que jamais!
Et si sur tes pas l'abondance Doit &ire gémir nos greniers; Pour en jouir dans nos foyers, Embellis-les par ta pvéBence*
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