‹ Le répertoire national; ou, Recueil de littérature canadienneChapitre 133 sur 190 · LE POÈTE JEUNE PATRIOTE · texte numérisé non relu

LE POÈTE JEUNE PATRIOTE

n dit qu'il a vingt ans. La poadre du collège

Est encore imprégnée à son vieil haMt noir.

Du chagrin sur son front, qui vous fait peine à voir,

A passé Tonde sacrilège.

Une main sur la lyre, il aime à soupirer :

Flaignez-le, bons amis, le désespoir Tatterre ; Car il n*a pu trouver sur cette froide terre,

Qu*un bonheur : celui de pleurer.

n pleure sur nous tous, moderne Jérémie ; n se pbûnt au Seigneur de son fittal destin.

Et vous craignez qu'A veuille, en un lieu clandestin,

Ecnnpre le pacte avec la vie* Non ; il aime à parler de mort et de gibet.

Mais ne veut pas mourir. Quuid il pose sa lyre, n vous dit : ^ De mes vers que penses-tu, mesnre P

** Viens avec moi prendre un sorbet.**

Et vous allez, disant : *^ Le poète est en joie; .

** n partage avec nous la manne de son ciel :

** Mon Dieu, prodiguez-lui vos fleurs et votre miel,

** Pour qu*il ne tombe dans la voie.** Puis vous vous étonnez de le voir, en jurant. Descendre de TEden, sans parfum d'harmonie:

Poète, il se noukrit d*amour et d'ambroisie ;

Homme, il s'endette au restaurant

Car il apprit par cœur le rôle qu'il nous joue ; Dans la coulisse il rit, chante refrains joyeux. Et lorsque sur la scène il apparaît aux yeux,

n prend soin de blanchhr sa joue.

Cet imberbe Antony caresse son poignard, Blasphème le Seigneur, trouve la vie amère :

N'importe, il se dira bâtard!

Ohl c'est un homme à part qu'un rimeur patriote, n rêve moyen-âge, et tournois et castel; D rêve bachelette et gentil dam<Msel, Et le règne sanB-cuioUe.

LE BÉPEBTOIBB NATIONAL. 249

n a dague, éperons, et mandore, et rebec, Mêlant le chevalier avec Thomme de lettres, H use d*an poignard pour cacheter ses lettres, A Paris ainsi qu'à Québec.

Lb Gascok.

Page 1