LE POÈTE JEUNE PATRIOTE
n dit qu'il a vingt ans. La poadre du collège
Est encore imprégnée à son vieil haMt noir.
Du chagrin sur son front, qui vous fait peine à voir,
A passé Tonde sacrilège.
Une main sur la lyre, il aime à soupirer :
Flaignez-le, bons amis, le désespoir Tatterre ; Car il n*a pu trouver sur cette froide terre,
Qu*un bonheur : celui de pleurer.
n pleure sur nous tous, moderne Jérémie ; n se pbûnt au Seigneur de son fittal destin.
Et vous craignez qu'A veuille, en un lieu clandestin,
Ecnnpre le pacte avec la vie* Non ; il aime à parler de mort et de gibet.
Mais ne veut pas mourir. Quuid il pose sa lyre, n vous dit : ^ De mes vers que penses-tu, mesnre P
** Viens avec moi prendre un sorbet.**
Et vous allez, disant : *^ Le poète est en joie; .
** n partage avec nous la manne de son ciel :
** Mon Dieu, prodiguez-lui vos fleurs et votre miel,
** Pour qu*il ne tombe dans la voie.** Puis vous vous étonnez de le voir, en jurant. Descendre de TEden, sans parfum d'harmonie:
Poète, il se noukrit d*amour et d'ambroisie ;
Homme, il s'endette au restaurant
Car il apprit par cœur le rôle qu'il nous joue ; Dans la coulisse il rit, chante refrains joyeux. Et lorsque sur la scène il apparaît aux yeux,
n prend soin de blanchhr sa joue.
Cet imberbe Antony caresse son poignard, Blasphème le Seigneur, trouve la vie amère :
N'importe, il se dira bâtard!
Ohl c'est un homme à part qu'un rimeur patriote, n rêve moyen-âge, et tournois et castel; D rêve bachelette et gentil dam<Msel, Et le règne sanB-cuioUe.
LE BÉPEBTOIBB NATIONAL. 249
n a dague, éperons, et mandore, et rebec, Mêlant le chevalier avec Thomme de lettres, H use d*an poignard pour cacheter ses lettres, A Paris ainsi qu'à Québec.
Lb Gascok.