‹ Le répertoire national; ou, Recueil de littérature canadienneChapitre 55 sur 190 · SB LE B^FERTOIBS NATIONAL · texte numérisé non relu

SB LE B^FERTOIBS NATIONAL

La main de Raphaël a franchi les obstacles, Far un miracle a peint le pins grand des miracles. Le cœur bat, Tœil se baigne, on est ému, saisi : C*est le Rédempteur seul qu*on pouvait peindre ainsi.

Cette main cependant, oui, cette main perfide, Détruit comme elle en&nte, et devient homicide. Le sang de Jésus-Christ colore son tableau:

Grand Dieu K pardonne-moi; je baisse le rideau. Loin de nous les horreurs, les crimes, les alarmes : Ah ! la main ne devrait enfanter que des charmes. C*est pour notre bonheur, c'est pour notre agrément Que Dieu nous a donné cet organe éloquent.

Voyez ces doigts de rose : ils agitent Taiguille Qui pare la beauté, qui la couvre et rhabille ; Voyez-les se mouvoir, s*accourcir, s*alonger : . Sous eux naissent la gaze, et le voile léger. Admirons cet artiste : ô pouvoir mécanique!

L'ouvrage est achevé, le chef-d'œuvre est unique : Sous le doigt inventeur l'acier se fond, se tord; Huygens est satisfait ; la machine est d'accord. Le ressort le plus fin, la plus petite roue Tout est en mouvement, tout circule, tout joue. Le villageois n'attend, poiur régler son réveil. Ni le long- cri du coq, ni l'éclat du soleil : n est fier de trouver, dans son humble demeure, Le trésor étonnant qui montre et sonne l'heure. Contemplez ce prodige : ouvrage merveilleux ! Nous pouvons nous passer des astres radieux ; Le pilote prudent, penché sur sa boussole.

Court, d'un air assuré, de l'un à l'autre pôle. Mille remparts flottants prouvent à l'univers Que la main peut dompter et la terre et les mers. Ecriture, art des arts, né de la main de l'homme. Tu nous peins les beaux jours de la Grèce et de Rome. Solon nous a transmis sa sagesse et ses lois, L'exemide de Titus a formé nos grands rois.

Je vis avec Lycurgue et meurs avec Socrate.

Bientôt je ressuscite ; Utique est ma prison ; Fidèle à mes serments^ j'expire avec Caton.

Ecriture! Oui, par toi je vis dans tous les âges; Je hais tous les tyrans, j*admire tous les sages ;

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Et par tcn je relis ce testament divin, Qui peint de runivers le principe et la fin.

Mais de Fopérateur voyons la main légère; Cest là que de son art elle fait un mystère.

L*artiste généreux détermine mon sort, Fait palpiter mon cœur et m*arrache à la mort : Mes membres mutilés doivent à son adresse, Leur nouvelle vigueur, leur première souplesse, n est une autre main qui chasse le trépas. *

Une main... mais ô honte! on ne Fhonore pas, Oui, noble Laboureur, c^est ta main sèche et dure Qui livre à nos cités les dons de la nature; Dans des terreins ingrats elle conduit le soc, Abat le chêne altier, pulvérise le roc ; Et quand par ces travaux tu prolonges ma vie, La tienne avant le temps, t*est trop souvent ravie. Ah! sans baiser la main d*un mattre impérieux, Je baiserai la tienne et rendrai grâce aux cieux.

J. D. Mbbmbt.

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