L'ART INDÉFINISSABLE
Comment donc définir le grand art de la guerre? U est partout connu ; partout il est mystère. Dirai-je que cet art, honorable, odieux.
Sert, en les révoltant, et la terre et les deux ? On le loue, on le blâme, on le cherche, on Tévite : Enfin c'est un fléau qu*on craint et qu'on mérite. Les guerriers sont, dit-on, aussi sages que fi>ux. Modestes comme fiers, et moins cruels que doux : Ce sont des vérités qui passent pour des fables, L*art et les artisans sont indéfinissables.
Tel qui brave la mort est un homme d*honneur ; Tel qui la donne montre et de Tâme et du cœur : C*est la loi qui Tordonne, et la loi la plus dure Fait taire, en combattant, la loi de la nature. On estime sa vie, on la livre au plus fort; Ôb admire un rivaJ^ on loi donne la mort.
90 IiB siPEBTOnœ NAUaNAL.
On dit : ** Vaincra oa mouriri'* et t(Hlà tié que 1^ nomme.
Dans lea termeg de Fart, le vrai devoir de Thomme.
Quand dans des flots de sang on « trempé ses mains,
Environnés de morts, on dit : '' soyons homains.**
Le vainqueur &it agir les vertus et lès crimes ;
Sauve ou livre à son gré mille et mille victimes.
Le plus beau des combats n*e8t qu'une belle horreur ;
Et la plus belle mort n'est qu'un heureux malheur.
Le héros est couvert et de honte et de gloire ; "^
Il se vante et rou£^t de la même victoire.
Qu'on soit, comme guenier,. triomphant ou battu,
La vertu devient crime, et le crime vertu.
Que dire et que penser? C'est un afireux problème^
Qui seul nous montre trop la vengeance suprême.
Taisons-Qous. Dieu le veut ; et ses plus grands fléaux
Engendrent à la fl>is et les biens et les maux.
J. D. MXBMBT.