‹ Le répertoire national; ou, Recueil de littérature canadienneChapitre 68 sur 190 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

Le commencement de ce livre présente le réveil d'Eve sidmirablement dépeint. C'est Adam qui la tire du sommeil en lui adressant les paroles les plus tendres. Eve lui raconte un rêve chagrinant qui Pa assiégée toute la nuit. Ce songe fait pressentir au lecteur la chute d'Eve, qui en fait le sujet. Adam rassure son épouse efirayée, par les discours qu'il croit les plus propres à lui rendre raison de son songe. Eve consolée s'agenouille avec son époux, et tous deux rendent hommage au Très-Haut, leur créateur. Ils chantent sans accompagnement, comme dit le poète :

More tunable than needed lute or harp.

Ils chantent un cantique de louanges. Ce devoir achevé, ils vont travailler à l'ornement de leur jardin. Dieu les voit, et appelant Raphaël, (que le poète nous apprend, par provision, avoir marié Tobie à Sarah,) il lui dit d'aller recommander à Adam de remplir bien ses devoirs. Raphaël, en obéissance, part et arrive promptement dans Eden : à son entrée, la garde s'est rangée, avertie par les sentinelles, pour lui faire honneur, comme le disent les vers suivants :

straight knew bim ail the band

Of angels under watcb ; and to bis state And to bis message bigb in honour rise.

Adam le voit venir. Il était alors midi, temps auquel Eve était à faire les préparatifs du dîner. Adam appelle son épouse ; il lui propose de bien recevoir l'étranger céleste. Eve, selon la coutume des femmes de ménage, fait d'abord quelques difficultés, alléguant le manque de provisions. Néanmoins, elle va visiter son jardin et son verger, et elle en rapporte toutes sortes de fruits : elle met la main à l'œuvre; elle fait du lait d'amende ; elle exprime te jus du raisin, et elle orne le tout avec des roses. L'ange arrive, et le père des hommes, qui a été au-devant de lui, le prie de a'mèl^x dànjB sa demeure. Son offre est acceptée. \\^ eii\x^\i\. ^^^s^.^

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la maison champêtre où Eve les attend. Raphaël la salue^ et ils s'asseyent tons trois. Adam présente des fruits à son hôte, et il s'engage entr'eox une conversation sur les mêts^ Baphaëly pour prouver que les anges peuvent manger^ appelle à son secours l'alchimie, la théologie, la métaphysique ; mais CQci n'est pas complet : Milton aurait dû nouB donner un système anatomique du corps des anges ; car il est juste et raisonnable qpe lorsque l'on apprend qu'un esprit peut manger et digérer, Ton connaisse aus»i sa formation; faute de quoi, que l'on noua passe l'incrédulité; car il est difficile de se persuader que des choses spirituelles soient capables de fonctions corporelles.

Après qu'ils ont mangé suffisamment et sans excès, Adam requiert de son convive qu'il lui décrive les mœurs des anges. Raphaël le fait, et le père des hommes, enchanté de ce discours, lui témoigne son admiration sur ce quil vient de dire. Après avoir enc(»re conversé, Adam le prie de lui faire part de ce qu'il sait sur la révolte des anges. Alors celui'-ci en fait le récit, et lui décrit d'une manière admirable qu'il y a dix millions de drapeaux, d'étendards et de bannières, entre Pavant et l'arrière-garde de l'armée angélique: tout cela, ajoute-t^il, est pour la distinction entre les hiérarchies. Il parle aussi d'écussons où il y a des devises séraphiques. Raphaël continue son récit. Dieu proclame la grandeur de son fils. Le soir^ dit-il, on donne aux anges un repas, où il y a de l'ambroisie et du vin céleste. Ce souper fini, les anges commencent à s'endormir ; mais Satan veille, n'ayant point pris part au souper* Il est transporté de jalousie ; il veut tenter un esprit céleste, €t entraine, par artifice, une partie des anges vers Iqs lieux où est son royaume ; et là, par un discours plein de détours, il leur propose insensiblement de se révolter contre Dieu. Abdiel, séraphin zélé pour la gloire de son créateur, s'y expose avec chaleur; mais la foule, séduite par l'ange rebelle, ne veut pa» l'écouter. Enfin Gabriel leur prédit svee énergie leur châtiment, s'ils ne prêtant pas l'oreille à sa ^^Ix. Il part et laisse là les factV^xix.

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LIYBE SIXIÈME.

idiel, continne le narrateur, retourne dans ks cieux, est accueilli par la foule des séraphins, qui le connt et le présentent ^ Dieu. Le Très-Haut, après r loué, donne ordre à Michel d^aller combattre les [es. L'alarme est donnée, et déjà Tannée angélique lie au son des instruments d'une musique guerrière :

movM on

In silence their bright légions, to the sound Of instromeirtal harmony ^.

S deux armées se rencontrent: Satan est sur un char:

The apostate in his sun bright chariot sat.

Blet lui se trouvent vis-à-vis Tun de l'autre : ils se font lenaces, des reproches ; ils se disent des injures : enfin si frappe Satan, qui tombe. Sa chute met la terreur son parti, et la bataille devenant générale, le choc tit dans les airs. Michel rencontre Satan, le menace, ppe, et le blesse grièvement, mais non mortellement.

les généraux de l'armée céleste redoublent d'efiforts, îttent la victoire de leur côté. Pendant la nuit, Satan ible son conseil de guerre. Après les avis proposés, clare qu'il a trouvé un secret meurtrier contre ses nis. Part de fabriquer et d'employer la pondre à canon, i tous se lèvent et s'en vont concourir à sa manufacture, uit s'est à peine passée qu'ails ont fabriqué une grande lité de poudre ; et dès l'aube du jour, ils retournent à arge. Zopid les aperçoit le premier, crie aux armes,

anges, rangés à l'instant en bataille, attendent de ferme les assaillants. Mais, ô terreur imprévue! la ille est déchargée smr eux: ces fidèles serviteurs de se sentent les entrailles déchirées par la grêle mem- , et cela les fait plier; en vain veulent-ils laisser ge aux boulets ; tout est inutile. Ils sont obligés de oler sur les monts célestes ; ils prennent des quartiers chers^ ]e3 lancent de là sur tes lèvoVl^^^ ^ ^tl ^^\^

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foudroyés^ et regagnent par là leur supériorité. Mais pen* dant le combat, Dieu parle à son fils : il lui fait remarquer la désobéissance criminelle de Satan, l'envoie au secourt^ des anges, et Tanne, par provision, de ses propres flèches, dé sa propre épée et de son pr(q)re tonnerre, comme dît lé poète:

bring forth ail my war,

My bow and tbunder, my almighty anns, Gird on» and sword upon tby paissant tbigb.

Le Verbe, plein d^obêissance, s'apprête à partir. II monte dans le char de son père, et il fend les airs pour se rendre au champ de bataille. En arrivant, il engage ces^ cohortes à se reposer, dans un discours qu'il leur fait, et leur annonce qu'il va aller seul asservir les rebelles. A l'ins-tant il part ; il arrive sur eux ; il les ];)erce de mille dards. Enfin^ il les conduit jusqu'au bord de l'enfer ; et là, les pressant encore plus, ils tombent et s'abîment dans la profondeur des gouffres. Alors l'heureux vainqueur revient triomphant ; il entre dans le ciel^ au milieu des hymnes et des chants célestes ; il s'approche du trône du père, et lut remet les armes qu'il lui a prêtées. Raphaël finit son récit^ en exhortant Adam à profiter de l'exemple tenîble des vengeances divines ; et lui conseille de toujours respecter Dieu, en soutenant la faiblesse de sa femme.

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