‹ Le répertoire national; ou, Recueil de littérature canadienneChapitre 9 sur 190 · Scène I · texte numérisé non relu

Scène I

COLINETTE (entrant par le fond du théâtre^ avec une poignée dejleurê à la main). Le Soleil est déjà bien hant et Ck>las ne vient point! Il devait se rendre ici 4e grand matin pour cueillir ensemble le bonqnet qne je veux prétsenter à M. Dolmont, dont c'est demain la fête... aurait-il oublié ee matin ce qu'il désirait hier avec tant d'empressement?... Eh bien, en l'attendant faisons toujours le bouquet. (Elle s'assied à gauche du ihéâfyre^ pose les fiewrs sur ses genoux et travaille à faire un houquetj.

(1) Cette pièce fut jouée pour la première fois à Montréal en 1790.

(^) M. Joseph Quesnel estné àSt Malo,Iel5Novenbrel749. nfinit ses «études à 19 ans; et destiné par sa famille à la profession de marin, il s'emliarqua pour Fondieherry, séjourna à Madagascar, smr les c^tes de la Guinée «t au Sénégal et revint en sa patrie au bout de trob ans. Peu de tems après â repartit de St Malo pour visiter la Guiane Française, les Antilles et le BrésiL En 1779 il prit le commandement d'un vaisseau destiné pour New-York et chargé de proyisLons «t fB»xàû.OTA ^« ^«ict^ JEtaDt À Jb hsutear da hano de Terreneuve, W taX igina v^ ^obba tc^^s^te

s LE BÉFEBTOIREi JSiATlOSÀJU

AEIETTE.

Cher protecteur ^, mon enfance.

C'est pour toi seul qu*en ce bosquet.

Ma main fii^nne ce bouquet, Que foffi'e la reconnaissance ; Du tort éprouvant la rigueur, En naissant je perdis mon père ; Sans toi quel était m<Hi malheur l Mais tu me yis, je te fus chère, Et tu devins mon bien&iteur.

Cher protecteur de mon enfiince.

C'est pour toi seul qu*en ce bosquet, Mamain&çonne ce bouquet, Que t'oôre lasecoonaissanee.

Mais ce négligent de Golas^ qui peut donc Tàvoir arrêté l,,^ Oh, je veux le quereller, le quereller.. .Pourtant je sais qu'il m'aime et il n'ignore pas aussi mes sentiments pour lui. Il est si bon I,..I1 est si franc, si sincère f...Une chose pourtant me déplait en lui, il est jaloux. C'est un défaut que je hais

anglaise et conduit à Halifax, où ayant trouvé des amis il séjourna quelque tems, et se rendit à Québec muni d'une lettre de recommaDdation pour le Général ECaldîmand qui avait connu sa famille en I^rancci M. Quesnel ajrant résolu de s'étàbHr pennanemment en Canada dbtint des lettres denaturalisation par l'entremise du même GéùéralEUddimand alors G<onvemeur de la Province de Qpébeç. Il se maria à Montréal et- âxa sa résidence à BouchervUle, à sonretQur d'un voyage qu'il entreprit pour visiter et connaître la vallée du Mississipi. M. Quesnel était né poète et musicien^ Molière^ BoUeaU, et son violon, telsétaient ses Compagnons de voyage. Il composait avec une grande fÎEudlitê, et se plaignait souvent de cette disposition qui l'exposût à des incorrections presque inévitables.. Outre des pièces fugitives et autres pièces diverses, M. Quesnel a laissé quatre ouvrages dramatiques dont il a £ût la musique, savoir: Lucas et Cécile, opéra; Colas et Colinette^ comédie- vaudeville, imprimée à Québec f l'Anglomanie, eomédie en vers, non imprimée; et les Bépublicains Français, comédie en prose, imprimée à Paris. Aussi un petit traité sur Fart dramatique,^ écrit en 1805 pour une société de jeunes amateurs canadiens de Québec.

Ses ouvrages en musique consistent en plusieurs symphonies à grand orchestre, des ^atuors et duos, nombre de petits airs de chansons, ariettes, etc., et plusieurs motets et autres morceaux de musique saerée, composés ppur l'Eglise Faroissialede Montréal et qui se trouvent aurépertoire de l'orgue.

M. Quesnel est mort à Montréal le 3 Juillet 1809» à l'âge de 59 ans et quelques moia^

LE KÉPEETOIBE NATIONAL. 9

et dont je voudrais qu'U se pût corriger... je ne crois pas qu'on puisse être heureuse en ménage quand la jalousie vient en troubler la paix. Allons, il est temps bientôt d'aller présenter ce bouquet à M. Dolmont, car les miliciens

vont venir et en voilà pour toute la matinée At ! Ah I...

j'entends quelqu'un! C'est sans doute Colas... Non, c'est M. le Bailli qui vient encore m'ennujer de ses propos. Ohl que je voudrais qu'il fût loin d'ici I

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