HYMNE DE GUERRE
Vous que Fastre du jour dore de sa lumière,
Vous pour qui de la nuit luit la pâle courrière,
Lieux où croît la moisson, lieux où Formeau verdit,
Où le ruisseau serpente, où le torrent bondit,
Vous, monts, bois et vallons, vous tous lieux de la terre,
Apprenez tous qu*on s*arme, et qu'on vole à la ipierre :
Un peuple audacieux, armant notre courroux.
Désormais plus soumis, va fuir devant nos coups.
Telle on voit reculer la bergère timide,
Quand Fœil étincelant sous la ronce perfide,
A ses yeux attentift un serpent furieux
S*ofirant, siffle, se glisse en replis tortueux ;
Tel et plus lâche encor, quand les plaines tremblantes
Gémiront sous les pas de nos troupes bruyantes.
Plus léger que la biche, et plus prompt que Féelair,
S*alarmant au seul bruit de Foiseau qui fend Fair,
De la feuille qui tombe, ou du flot qui Murmure,
Honteux, et dépouillant sa gloire et son armure.
Notre ennemi vaincu fuira dans les forêts.
Nos bras garantiront ces terribles arrêts ;
La honte, la terreur, le désespoir, la rage.
Le mépris le suivra jusque dans son village.
(>) J'espère qu'on ne verra pas sans quelque plaisir cette traduction d'un «hant de guerre des vieux héros du sol, qui, sans aucun doute, seraient, entre les mains d'un Homère, des Aehilles et des Hectors. Us avaient leurs chansons, leurs hynmes, leurs poèmes mêmes; et leur poésie était grande et majestueuse comme le pays qu'ils habitaient J'avouerai qu'il m'a été impossible de fiûre passer duis notre langue toute la force et l'énergie de Foriginàl, n'ayant travaillé surtout que sur d'autres traductions. — Note de fauteur^
LE KÉPEBTOIRE NATIONAL. 189
Mais plutôt qu'au milieu des neiges de lliiver, Quand TaquUon fougueux trouble les champs de Taîr, Quand des chênes durcis les branches dépouillées llefusant à la fidm leurs écorces gelées, Triste, et fixant le ciel de son dernier regard, n meurre, en maudissant Tafireux jour du départ. Monument de sa honte, et de notre courage.
Les débris de nos dards couvriront son village ; Et s*il ose jamais, téméraire vaincu.
Rapporter parmi nous, ce don qu*il a reçu, Du firont de cent guerriers, les dépouilles sanglantes. De leur briUant trpphée embelliront nos tentes ; Aux poteaux enchaînés, souffriront mille morts. Mais on paKt! qui de nous reverra le village! Echapperons-nous tous â innfôme scalpage?
Adieu, guerriers naissants, épouses des guerriers, Nous allons recueillir des moissons de lauriers. Ne nous arrêtez pas, ne versez point de larmes: C*est le champ de l*houneur que celui des alarmes. La victoire bientôt hâtera le retour; Pour vous, et pour vous seuls nous chérissons le jour. Vous, amis, donnez-nous du sang, des funérailles, Si la mort nous saisit sur le champ de batailles: Ne versez point de pleurs» songez à nous venger; Dévastez, embrasez le toit de Fétranger, Calmez de votre sang, calmez le cri terrible, Et firappez nos bourreaux du tomohak terrible ; Que du sang des vainqueurs, les arbrisseaux rougis. Fassent dire aux passants: c'est là qu'ils sont péris!
Melthshe.