‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 2)Chapitre 101 sur 123 · RE · texte numérisé non relu

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et dans les écoles, et ceux qui devraient être réservés pour le gymnase proprement dit, à la sortie des cours et pendant les quelques années d'études que le jeune homme doit faire avant d'embrasser un état.

La gymnastique moderne, comme l'ancienne, consiste à donner à la machine humaine tous les mouvements, toutes les positions possibles, exercer et utiliser toutes nos facultés physiques. Tous les exercices qui tendent à rendre l’homme plus robuste, plus courageux, plus intrépide, plus véloce, plus souple, plus agile, plus adroit, en font partie.

Elle a pour but principal la bienveillance. Elle enveloppe les facultés morales comime les qualités physiques, et est utile, non seulement à celui qui l'exerce, mais aussi à l'État et aux hommes en général, quels que soient leur condition et leur âge.

‘La gymnastique, disait une commission de savants ‘* français, est aussi utile et nécessaire aux pauvres ‘ qu'aux riches ; les gouvernements doivent s'empresser ‘‘ de la protéger et de la répandre, car celui qui reste à ‘‘ terre quand les autres marchent, doit être foulé aux ‘ pieds.”

La gymnastique moderne étant une science toute d'application, d'imitation et de pratique, il serait assez difficile d'en établir clairement la théorie ; ce que nous croyons avoir de mieux à faire est de donner une analyse du A/Zanuel du colonel Amorost, directeur du gymnase militaire et civil de Paris. Faire connaître les diverses branches de la méthode gymnastique suivie par le colonel Amorost, c'est démontrer l'utilité de ces exercices. Voici les principales :

1. Exercices élémentaires, ou mouvements gradués des extrémités supérieures et inférieures du corps, accompagnés de chants, pour accoutumer à la régularité et à l’ensemble de ces mouvements, développer la voix, faciliter la résistance à la fatigue et donner une direction morale à l'enseignement.

2. Marcher sur des terrains faciles ou difficiles et parsemés d'obstacles : glisser et patiner, exécuter des courses longues et rapides, dont l'habitude est très utile aux soldats, surtout pour atteindre l'ennemi qui fuit, lui couper la retraite, remplacer la cavalerie, s'emparer d'une hauteur, surprendre un poste, etc.

3. Sauter en profondeur, largeur et hauteur, dans toutes les directions, en avant, en arrière ou de côté, avec ou sans armes, à l'aide d'un bâton ou d'une perche, d'un fusil ou d'une lance.

4. L'art des équilibres, ou le passage sur des piquets, des poutres, des pierres fixes, vacillantes, horizontales ou inclinées, à cheval, debout, en avant ou en arrière, pardessus ou par-dessous, pour s'habituer à passer des rivières ou des précipices à l'aide de troncs d'arbres ou d'une perche, ou d'un pont étroit sans garde-fous.

5. Franchir des barrières, des murs, des fossés, des ravins ou des torrents, sans être arrêté par aucun obstacle, à l’aide de quelques instruments ou sans aucune ressource, en portant un fardeau, un malade, un enfant, ou sans rien porter.

6. Lutter de plusieurs manières pour développer la force des muscles, l'adresse du corps, résister plus facilement à la fatigue, vaincre son adversaire dans les combats particuliers, arracher un drapeau au soldat ennemi, quand il aurait une force supérieure, ou le faire prisonnier, Les luttes ont lieu avec ou sans instruments.

7. Monter à l'assaut à l’aide d’échelles de bois droites ou renversées, fixes ou vacillantes, par devant ou par derrière, avec les pieds seuls sans se servir des mains, ou avec les mains sans se servir des pieds, chargé ou non; grimper au haut du mur, avec ou sans instruments, au sommet d'un mât, ou d'une perche de toutes les grosseurs, ou le long d’une corde nouée ou lisse, droite, fixe ou vacillante, diagonale ou inclinée, tendue ou lâche, ainsi que par des échelles de corde; descendre ou glisser de toutes les manières possibles, en se servant des objets que l’on rencontre.

8. Traverser un espace quelconque, une rivière ou un précipice, passer d'un bâtiment à un autre, en se tenant supendu par les bras, les mains, à l'aide d'une poutre, d'une perche, d’une barre de fer, ou d'une corde tendue ou lâche.

9. Nager nu ou habillé, avec ou sans fardeau, avec des armes à feu, plonger et se maintenir longtemps sous l'eau : faire adroitement usage de toutes sortes de scaphandres et de machines à plonger ; apprendre à retirer une personne de l'eau, sans se laisser entraîner par elle.

10. Porter, étant arrêté ou en mouvement, avec adresse et sécurité, des corps incommodes et pesants, quelquefois des hommes ou des enfants, pour les sauver d'un danger, retirer des hommes d’un champ de bataille, ou les forcer à se rendre; tirer à soi, soulever, traîner et pousser des poids ou des masses considérables, pour appliquer tous ces moyens à un grand nombre de cas de guerre ou d'intérêt public.

La gymnastique comprend encore :

1. L'art de lancer les paumes, balles et ballons de différents poids et grosseurs, les javelots, dards, lances, pierres et toutes sortes de projectiles guerriers, et la manière de frapper au but.

2. Le tir à la cible et à des objets mouvants, avec des arbalètes, des arcs, des fusils, des mousquetons, des tromblons, des pistolets, etc.

3. L'escrime à pied et à cheval, et le maniement de toutes sortes d'armes blanches, telles que épée, sabre, baïonnette, couteaux de chasse, espadons, haches de combat et de sapeurs, et des pinces et des leviers.

4. L'équitation et la voltige sur des chevaux de bois premièrement, et des chevaux vivants ensuite, pour accoutumer les fantassins à monter lestement en croupe, même lorsque le cheval est en marche, et passer ainsi les rivières et autres endroits difficiles ; apprendre aussi aux cavaliers à monter lestement à cheval et à descendre de même ; ramasser un objet tombé par terre sans quitter le cheval.

5. Les danses pyrrhiques ou militaires et les danses de société plus ou moins développées.

6. Les leçons de chant et d'expression musicale si puissantes sur l'esprit des hommes, de physiologie au moyen de laquelle ils se rendent raison de leurs mouvements et des fonctions de leurs organes ; de construction de machines diverses et instruments utiles.

7. Enfin, de modeler toutes sortes de matières. Ici le colonel Amorost fait l'énumération des machines et instruments dont on se sert dans le gymnase; mais comme il nous serait impossible d'entrer dans d'aussi longs détails, nous nous bornerons, en terminant l'analyse que nous venons de faire de son .I/anuel, à donner sa division des exercices gymna ‘iques, laquelle est comme suit :

Gymnastique générale, se divisant en gymnastique civile et industrielle, gymnastique militaire de terre et de mer, gymnastique médicale et gymnastique scénique ou de théâtre, funambulique ou des danses de corde.

Vous avez dû remarquer, messieurs, que parmi cette variété infinie d'exercices qui constitue la gymnastique française, il n'est fait aucune mention du pugilat, ou comme nos Cosujets d'une autre origine l’appellent, /4e art of self defence.

Ceci cependant ne doit pas nous étonner, puisque en France on regarde cet exercice comme une coutume barbare, indigne d'une nation civilisée. Nous concevons assez facilement qu'un Français, philosophant tranquillement dans son fauteuil, entouré de trente-trois millions d'hommes qui pensent bien comme lui, puisse, à l’idée de voir deux créatures humaines se meurtrir et s'assommer de coups, déclarer un pareil amusement barbare et indigne d'une nation civilisée. Néanmoins, il est permis de douter que la même personne jetée au milieu des vingt et quelques milliers d'Anglo-Saxons qui peuplent l' Amérique, demeurât longtemps du même avis, surtout à la suite de l'application, sur sa propre prrsonne, d'un petit échantillon du savoir-faire de nos boxeurs. Non, messieurs,

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