TOME IV
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expériences souvent fort coûteuses et presque toujours incomplètes. C’est l'absence de cet enseignement qui seule peut expliquer les ienteurs du progrès commercial dans presque ‘toute l'Europe. La plupart des négociants ignorent la cause des crises dont leurs affaires reçoivent le contrecoup ; ils demeurent étrangers aux plus simples questions de l'économie politique, à la jurisprudence commerciale, à l'étude des marchandises, et ils ne savent comment appuyer leurs griefs toutes les fois qu'il s'agit d’en réclamer le redressement.
‘‘ Frappés de cet état de choses de plus en plus incompatible avec le mouvement général des idées et des affaires, une réunion de négociants et de savants, au premier rang desquels brillaient Casimir Perrier, Ternaux, M. Jacques Laffitte, et le vénérable Chaptal, de si regrettable mémoire, conçurent, vers l’année 1820, l'idée d'un grand établissement destiné à l’enseignement du commerce, et ils en facilitèrent la fondation par leurs souscriptions. Les études y furent partagées en trois grandes divisions appelées comptoirs, et les matières de l’enseignement réparties entre ces trois comptoirs d’une manière régulière. Les élèves étudiaient dans le premier l’arithmétique, la géographie, les matières premières, les langues vivantes, les usages généraux du commerce; dans le deuxième, ils commençaient l'étude de la comptabilité, des changes, du droit commercial et de l’économie politique; et dans le troisième, ils appliquaient à des opérations pratiques fictives les connaissances acquises dans les comptoirs précédents. Un musée d'échantillons de toutes les matières premières de l’industrie, soies, laines, cotons, indigos, cochenilles, bois de teinture, sucres, thés et cafés, leur facilitait les moyens de reconnaître les variétés de chaque produit, ses défauts, ses nuances, ses avaries, ses sophistications. Deux cours très importants complétaient cet enseignement, et facilitaient aux jeunes commerçants les moyens de conduire une usine, un cours de chimie appliquée aux arts et un cours de dessin des machines.
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Enfin des conférences sérieuses sur la jurisprudence commerciale et même sur les procès pendant devant la magistrature consulaire, exerçaient les élève à l'étude des affaires et au talent de la parole.
‘En peu d'années, cet établissement, aujourd'hui dirigé par l’auteur de cet article, s’est élevé à un très haut degré de prospérité. On y vit accourir des élèves de toutes les parties du monde, et on y compte en ce moment des sujets de vingt nations différentes, des Turcs de Constantinople et de Smyrne, des Américains du Nord et du Sud, des Allemands, des Italiens, des Espagnols, des Polonais, tous réunis sous les auspices du commerce et de la paix. Des opérations fictives sont traitées entre ces divers élèves, qui parlent presque tous plusieurs langues et qui préludent par les travaux de leurs comptoirs à des relations plus sérieuses. On leur met sous les yeux les prix courants authentiques des principales places de l’Europe, les tarifs des douanes, tous les documents, en un mot, capables de les intéresser, et plus d’une fois on a été surpris de la facilité extrême avec laquelle des jeunes gens encore imberbes se pénétraient de tous les détails du commerce et en comprenaient les plus hautes spéculations. Des examens publics ont longtemps signalé ces progrès remarquables et l'utilité d’un enseignement dont plus de mille sujets distingués attestent aujourd'hui dans le monde commercial l'importance et la portée. Au milieu de l’encombrement général de toutes les professions, la carrière commerciale offre aujourd’hui un avenir certain aux jeunes gens qui s’y sont préparés par des études méthodiques.”’
Cet article, dont les dernières lignes semblent avoir été écrites pour notre pays, mérite d’être relu et médité par nos principaux citoyens, et surtout par nos principaux marchands. Quel noble exemple à suivre pour eux, que celui de Casimir Perrier, Ternaux, Jacques Laffitte et Chaptal se réunissant pour discuter les intérêts de la jeunesse, et fondant par leurs souscriptions une institution
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