‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 2)Chapitre 57 sur 123 · DOSSIER LA A · texte numérisé non relu

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mort ils lui rendent fidèlement ce qu'ils en ont emprunté. Mais vous me direz, est-ce que les végétaux ne tirent pas, eux, beaucoup plus de snbstance de l'air et de l’eau qu'ils n’en tirent de la terre? ils rendent donc à la terre, en pourrissant, plus qu'ils n’en ont reçu. Oui, mais considérez que c'est tout le contraire chez les animaux: ils rendent,eux, moins à la terre qu'ils n'en ont retiré, et de là l'équilibre. Si on ajoute à cela la consommation énorme que fait l’homme. de bois et de plantes par le feu, on serait disposé à croire d'abord que la couche de terre végétale d'un pays habité devrait sensiblement diminuer dans sa production et devenir semblable au terrain de l'Arabie Pétrée; mais un grand nombre d'habitants exige une grande culture pour fournir aux consommations de toutes espèces, d'où il suit qu'une immense et longue population ne fera jamais un désert d’un pays cultivé.

L'homme donc est entré dans le monde lorsque tout était préparé, peuplé et habité par les êtres dont il avait besoin, comme un roi à son avènement entre dans son palais resplendissant de richesses. Il lui a fallu cependant faire la conquête de ces premiers habitants de son empire, qui, maîtres eux-mêmes jusqu'alors, remplissaient les mers, les fleuves, les ruisseaux, les forêts et les prairies.

Pour cela l'homme fut revêtu des qualités, des avantages, des secours nécessaires pour cette grande conquête : il fut revêtu de l'intelligence.

vc:là donc le royaume que la divine Providence réserve à l’homme pour qu'il en jouisse. Aux pieds de ce monarque s'étend un tapis de fleurs que toute la magnificence de Solomon n'égala jamais.

Les animaux trouveront abondamment à leur portée une nature toujours nouvelle ; et pour l'homme, les blés qui doivent le nourrir principalement ne seront ni trop hauts ni trop bas pour sa taille : ils seront faciles à manier et à recueillir; ils donneront des grains à sa poule, du

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son à son porc, du fourrage et des litières à son cheval et à son bœuf.

Si les arbres s'élèvent plus haut, ce sera pour lui donner de l'ombre; mais remarquez bien qu'ils abaissent leurs rameaux chargés de fruits pour l'inviter à s'en saisir, et même ils les feront tomber à ses pieds.

D'ailleurs, si les arbres s'élèvent si haut et s'ils deviennent si robustes, c'est afin de donner à l'homme du bois pour faire des échelles et des machines au moyen desquelles il montera partout ; pour faire des greniers et des magasins à ramasser les fruits des différentes saisons : pour construire des navires avec lesquels il ira recueillir les tributs de son royaume.

Les diverses provinces du règne végétal ne produiront pas toutes les mêmes choses ; il y en aura de particulières aux climats et à la température ; les pays chauds produiront des arbres à feuilles plus larges et à fruits plus rafraîchissants.

Sous la zone torride, on verra une espèce de figuier qui, non content de désaltérer par son fruit, présentera encore des parasols pour des villages entiers ; il croîtra sur le sable brûlant du rivage de la mer, et jetant de l'extrémité de ses branches une multitude de jets qui s’inclinent vers la terre et qui y prennent racine, il formera autour de son tronc principal une quantité d'arcades qui donneront un ombrage impénétrable.

Dans les pays du nord et sur le sommet des montagnes froides croissent les pins et les sapins, les cèdres et la plupart des arbres résineux, qui abriteront l'homme des neiges par l'épaisseur de leurs feuilles et lui fourniront pendant l'hiver des flambeaux et l'entretien de ses foyers.

Dans les climats tempérés, même bienveillance de la part de la nature végétale ; c'est dans la saison chaude et sèche qu'elle nous donnera quantité de fruits pleins d’un jus rafraîchissant, tels que les cerises, les pêches et les melons ; et à l'entrée de l'hiver, ceux qui échauffent par leur huile, tels que les amandes et les noix. Mais de

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toutes les parties de la terre, la plus favorisée est l'Asie, le berceau du genre humain.

Là viendront naturellement l'olive, l'orange, la figue, la pêche, l’abricot, les aromates, le riz, la canne à sucre, le thé et le café. Là s'élanceront vers les cieux ces colonnes couronnées de verdoyants chapiteaux, les palmiers de différentes espèces ; le grand palmier, dans les déserts de la Palestine et de l'Égypte, fournira à d’innombrables solitaires le vêtement dans ses larges feuilles, la nourriture dans sa moelle et ses dattes.

Le palmier cocotier, sur le bord des mers les plus naviguées, présentera aux marins son bois pour en bâtir des vaisseaux, ses feuilles pour en faire des voiles, son tronc pour le mât, la bourre pour les cordages, et son fruit pour cargaison. C’est là surtout que viennent deux plantes d’une chétive apparence, mais d'une vertu inappréciable, le froment et la vigne, qui soutiennent la force de l'homme et répandent la joie dans son cœur.

L'homme, après Dieu roi et maître des animaux, se multiplie lentement: il occupera tous ses États par degrés. Les animaux, au contraire, du moins un grand nombre, multiplient d'une manière prodigieuse. Si donc rien ne balance leur fécondité, bientôt la terre ne suffira plus à les nourrir ; ils périront de faim, et leurs cadavres infecteront l'air: les animaux carnassiers seront chargés d'y porter ordre.

Obligés, par la nature de leurs estomacs, à vivre de sang et de chair, ils se jetteront sur les autres, et principalement sur ceux qui multiplient davantage. À cette fin, ils recevront la force et l’agilité pour atteindre leur proie, des griffes pour les déchirer, des dents pour les dévorer.

A leur tête paraît le roi des forêts et des déserts, le lion, à la figure imposante, au regard assuré, à la démarche fière, à la voix terrible, Puissant et courageux, il fait sa proie de tous les autres, et n’est la proie d’aucun. Cependant, il ne tue que pour assouvir sa faim; est-elle

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apaisée, il est inoffensif. Du reste, aussi généreux que fort, même dans l'état sauvage, il est reconnaissant du bien qu'on lui fait.

Moins fort que le lion, voilà le tigre aux yeux hagards, à la langue couleur de sang et toujours hors de la gueule. Bassement féroce et cruel sans nécessité, il est le tyran des animaux: il saisit et déchire non seulement pour manger la chair et boire le sang, mais rassasié, mais désaltéré, il déchire et massacre encore. Le lion, pris jeune et éievé parmi les animaux domestiques, s'accoutume aisément à vivre et même à jouer innocemment avec eux. Ilest doux pour ses maîtres et même caressant, surtout dans le premier âge; et si sa férocité originelle reparaît quelquefois, rarement il la tournera contre ceux qui lui ont fait du bien.

Le tigre est peut-être le seul animal dont l’homme ne puisse fléchir le naturel. La douce habitude ne peut rien sur ce caractère de fer : il déchire la main qui le nourrit comme celle qui le frappe; il rugit à la vue de tout être vivant.

‘S'il y a des hommes lions, combien y en a-t-il qui sont tigres ?’’ Le tigre mange ses propres enfants, et déchire la mère quand elle veut les défendre.

Le fluide qui enveloppe la terre de toutes parts s’appelle atmosphère ; c'est l'air que nous respirons, où nagent les oiseaux, comme les poissons nagent dans l'Océan ; mais il est plus compact et plus pesant.

Les poissons ne sauraient vivre sans l’eau, et nous ne saurions vivre sans l'air. Longtemps on a cru que l'air était un élément simple; mais on découvrit, il y a cinquante ans, qu'il est un composé de deux éléucnts: un, qui en forme un peu plus du cinquième, entucuient la vie par la respiration, et le feu sur nos foyers par la combustion, c’est l'oxygène ; et l’autre, quand il est seul, éteint tout à la fois et la vie et le feu, c’est l’azote à l’état gazeux. Le mélange de ces gaz compose l’air.

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