‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 2)Chapitre 63 sur 123 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

chasse à tous les sauvages ; ils venaient par sections et par tribus, et afin d'empêcher le gibier de se cacher dans le bois, ils faisaient de grands abattis.

Rien de plus agréable à présent que la vue de ce charmant paysage ; plus de ces arbres renversés, plus de ces grands chênes couronnés par la foudre, plus de ces immenses débris végétaux qui rendent les forêts de l'Amérique si tristes et si semblables, pour un naturaliste, à un champ de bataille jonché de cadavres.

L'État de Kentucky est dans le voisinage du lac Michigan ; l'aspect des alentours de la caverne est sombre et même terrible. Des arbres gigantesques et des rochers entassés les uns sur les autres en obscurcissent l'entrée : tout semble vous annoncer que vous allez entrer dans le noir empire que les Grecs peuplèrent de fantômes et d'esprits errants.

Mais, mesdames et messieurs, il commence à se faire tard ; je crois que nous ne devrions pas entreprendre, ce soir, de visiter une caverne de c/xg lieues de long et de presque autant de large, où l'on rencontre un grand fleuve et des ponts pour le traverser, un immense lac et des canots pour y voguer. Nous ferons mieux de remettre la partie à ia prochaine soirée ; lorsque nous aurons parcouru ces vastes souterrains, nous trouverons notre soleil plus beau et le ciel plus ravissant.

Au milieu de notre dernière lecture, notre auditoire fut tout à coup jeté dans un grand émoi, par des clameurs qui se firent entendre du dehors; on crut d’abord qu’il s'agissait de feu quelque part; et malgré qu'il fût bien vite connu que ce bruit venait des acclamations de nos frères les Irlandais catholiques, à l’occasion d’une préparation pour la fête de saint Patrice, malgré cela, dis-je, un certain malaise est resté parmi mes auditeurs, et surtout parmi nos dames; j'en ai été moi-même un peu

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