TOME IV
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désorienté ; car, il faut que je vous l'avoue, je suis plus timide qu’2n ne le pense ; je ne me présente pas de fois ici que je ne /remble comme une feuille / j'ai toujours peur de ne point captiver l'attention de mes auditeurs! Eh! n'est-ce pas, mesdames et messieurs, que vous vous êtes déjà aperçus que je suis fort intimidé chaque fois que j'ai l'honneur de paraître devant vous ?
Pour réparer cette petite distraction à notre dernière lecture, nous récapitulerons un peu plus au long .
Nous aïlons maintenant visiter la fameuse caverne de Kentucky. La première grotte, ou plutôt la chambre d'entrée, a trente-cinq pieds de large, dix pieds de haut et à peu près cinquante de profondeur. Elle est terminée intérieurement par une porte qui fait la limite de la lumière et des ténèbres.
Ce salon passé, vous entrez dans un autre de cent toises de long, de soixante à cent pieds de haut, et large d’une cinquantaine ; ce sarcophage prodigieux, où vous êtes momentanément enseveli, n’a aucun support à sa voûte.
Aux extrémités de cette longue avenue, plusieurs branches de souterrains débouchent dans diverses directions, On trouve alors quelque ressemblance avec les catacombes de Rome. Toutes ces grottes et ces avenues sont riches en incrustations calcaires, qui décoraient jadis ces étranges salons. Maintenant ils jonc'ient le sol ; quelques débris seulement restent suspendus aux murailles et aux voûtes, pour exciter le regret du voyageur. En même temps, des milliers de noms se voient dessinés de toutes parts, comme si les auteurs de ces déprédations avaient craint de n'être pas connus.
Une des grottes se nomme /7unter chamber, et les premiers qui pénétrèrent dans la caverne trouvèrent dans cette chambre des momies, que l’on dit être maintenant au musée de Peale. Entre plusieurs autres, le cadavre d’une femme emmaillotée et serrée de bandelettes comme les momies égyptiennes, méritait de fixer l’attention. A son bras était un petit sac rempli d'aiguilles et de bijoux;
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elle était assise, et de petite taille ; les traits indiquaient une variété humaine différente de l’homme rouge. Et si l'on joint ce fait singulier aux curieuses découvertes dans l'Amérique centrale, où on a vu des débris de pyramides et des statues colossales, des palais, où le plein cintre n’est pas connu, couverts d'hiéroglpyhes, de bas-reliefs, de figures de dieux et de héros, si semblables à celles que l’on trouve encore sur les ruines de Memphis et de Thèbes, on ne pourra douter de l'identité parfaite des ancien: Égyptiens avec la race primitive américaine: démenti net et formel à ceux qui ont nié l'unité de la race humaine.
La caverne appelée le 7emple a de quoi surprendre encore davantage : c’est un espace que les guides disent être de huit arpents sans piliers naturels pour supporter cette voûte imn:ense ! L'action des eaux qui l'ont creusé, a festonné tout à l’entour des draperies, des contours bizarres et gracieux, comme on en voit dans nos églises gothiques, des dômes curieux et des avenues pittoresques, qui ont tous des noms bien ou mal appliqués. Aïnsi, les Forges du diable se montrent à côté des Colonnes d’ Hercule, le Parapet de Napoléon est voisin du Fauteuil de V’ulcain, et la Femme de Loth fait le pendant d'une 74e d'éléphant.
Pour arriver à la rivière, il faut marcher une lieue et un quart, tantôt sur le roc, tantôt sur des pierres amoncelées et tombées autrefois de la voûte, et tantôt sur un sable fin et rempli de petits cailloux. On y trouve des agates, des calcédoines et des opales communes.
A une petite distance de la rivière, se trouve ce qui s'appelle le Gouffre, /4e botlomless Pit. Il y a peu d'années, c'était le terme de toutes les excursions. Un abîme, que l’on croyait sans fond, se présentait au travers de l'unique sentier du souterrain. Le bruit lointain des eaux du fleuve, répété par les échos des cavernes et ressemblant aux mugissements d'une cataracte, la vue de rochers entassés sans ordre, le rétrécissement presque subit de la
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