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l'homme, à ce jour vénérable dont le Vendredi Saint nous rappelle le souvenir! Il est dit encore que ‘‘le ‘‘ soleil et la lune sont destinés à séparer la lumière des ‘‘ ténébres, le jour d'avec la nuit, et ce/a par le milieu," suivant la version des septante. Or, il n'y a de division égale, entre la nuit et le jour, que lorsque le soleil éclaire directement le milieu de la terre, ou l'équateur, c'est à dire, au temps de l'équinoxe. On peut donc croire que c'est à pareille époque qu'ont été créés, ou rendus lumineux, ou placés dans leurs orbites, le soleil et la lune.
Mais il y a deux équinoxes, l’un du printemps et l’autre de l’automne ; auquel des deux faudra-t-il rapporter l’apparition des deux grands luminaires ?
Il faut se rappeler qu'il est dit immédiatement auparavant: ‘‘ Que la terre produise de l'herbe verdoyante et ‘‘ des arbres fruitiers, chacun selon son espèce.”” Or, cette végétation est le propre du printemps, bien plus que d'aucune autre saison de l'année. On est donc fondé à croire que le soleil et la lune ont été créés, ou rendus lumineux, en la pleine lune de l’équinoxe du printemps. Tout cela est logique et philosophique.
Ce qui nous paraît, dans la lune, comme une figure d'homme, est dû aux montagnes et aux plaines: c’est l'effet de l'ombre, et les montagnes de la lune sont bien plus hautes que les nôtres.
Au moyen de l'énorme grossissement que nous procurent nos instruments, on peut approcher la lune de très près de nous. On y distingue, outre des montagnes, un grand nombre de cratères, dont l’un, nommé Ptolémée, a quarante-cinq lieues de diamètre ; un autre, du nom de Copernic, en a vingt-cinq: un troisième, le Zicho, en a vingt.
La lune a aussi un balancement que les astronomes appellent libration. Ce balancement est prouvé par les aspérités que l’on découvre au bord du côté invisible, quand ce bord se relève.
La lumière de la lune, c'est-à-dire, celle qu'elle nous
donne, est trois cent mille fois plus faible que celle du soleil. La lune a l'effet de produire sur l'Océan une grande partie des marées, qui retardent, comme la lune, de trois quarts d'heure journellement. Elles sont de même affectées par toutes les variations du mouvement de la lune.
Il y a des astronomes qui prétendent que si la lune avait été destinée uniquement à éclairer la terre pendant les nuits, elle ne serait pas à la place qu'elle occupe actuellement. Si la lune avait cette destination exclusivement, on l'aurait sans doute placée à une distance quatre fois plus grande que celle où elle est réellement, afin de n'être jamais éclipsée. En outre, elle devrait être toujours opposée au soleil, et se mouvoir dans le plan écliptique, c’est-à-dire, dans la route de la terre. Par ce moyen, la lune aurait été constamment pleine, et aurait toujours brillé sur notre horizon pendant l’absence du soleil. Mais loin de là, elle n’éclaire nos nuits qu'environ le quart du temps que le soleil est absent. Je laisse aux astronomes du jour à répondre à ces objections.
D'autres prétendent encore que la lune a une certaine influence sur les habitants de cette terre et ses produits. De 1à l’épithète de lunatiques, d'éruptions lunaires, de fièvres lunaires, ete. Mais combien de fièvres et d’aliénations mentales qui ne connaissent pas une telle influence ! La fièvre dite tremblante, par exemple, attend-elle la pleine ou la nouvelle lune? Vous rencontrerez des gens instruits qui vous diront que les ongles et les cheveux poussent plus rapidement quand on les coupe dans le décours de la lune; que lorsqu'on tue le cochon dans cette phase, le lard ne diminue pas autant dans le chaudron.
Les gens de la campagne sont généralement de cette opinion. Ils se gardent bien de couper les arbres, pour le bois de construction, dans une autre phase que celle du décours, afin de lui procurer une plus longue durée. Cette idée est très ancienne ; en France, sous Louis XIV,
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