LES PLANÈTES
En quittant notre lune et en continuant notre route, en montant vers le soleil, le premier astre que nous trouvons sur notre chemin est la planète Vénus; et nous avons déjà fait six millions de lieues.
Mais avant d'en venir au détail des planètes, disons-en un mot en général.
Les planètes sont des corps qui, comme la terre, circulent autour du soleil, et empruntent de lui leur lumière. La terre par conséquent est une planète.
Les anciens ne connaissaient que six planètes visibles à l'œil nu, savoir: Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter et Saturne, et voici comme ils les désignaient : Mercure vole, la radieuse Vénus danse en rond, la Terre tourne sur ses pôles, Mars étincelle, Jupiter passe majestueusement revêtu de l’or pâle de sa lumière orangée, Saturne est assis au sein de son anneau. Uranus, découvert par Hershell, ferme le cercle jusque-là connu des domaines du soleil.
Mais depuis cinquante ans, il y a un demi-siècle, avec le secours des lunettes astronomiques, on a découvert six autres planètes, sans compter la récente planète découverte par Leverrier.
Et il s’en faut que nous ayons fini de découvrir, il y en a plusieurs en chemin.
Quatr ede ces planètes ont des satellites ou lunes qui les accompagnent et circulent autour d'elles, comme notre lune le fait autour de la terre.
L'on compte, jusqu’à présent, dix-huit de ces planètes secondaires ou satellites, de sorte que avec les treize principales, elles forment comme un petit corps d'armée, dont le soleil est le centre. Vénus est cette étoile brillante qu’on aperçoit le soir après le coucher du soleil, et qu’on appelle l'étoile du soir. C’est la bien-aimée des bergers, elle ne les quitte jamais pour aller à d’autres. Sa distance du soleil est de vingt-sept millions et demi de lieues. Elle rotate sur elle-même en vingt-trois heures vingt et une
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minutes, et fait son tour autour du soleil en deux cent vingt-quatre jours. Elle est à peu près de la grosseur de la terre,
De Vénus, nous approchons de très près du soleil, avant de rencontrer la planète dite A/ercure, qui est comme plongée dans ses rayons, ce qui nous empêche de la bien connaître ; cette planète n'est qu'à treize millions de lieues du soleil, Elle tourne sur son axe en vingt-quatre heures cinq minutes; par sa proximité du soleil, son degré de chaleur égale la moitié de celui du fer rouge ; elle est très petite, puisque son diamètre n'est que le dixième de celui de la terre ; et s'il y a des êtres vivants sur cette planète, ils doivent assurément suer à grosses gouttes !
Nous venons de quitter la terre pour aller jusqu'au soleil, mais pour parcourir les autres planètes, il nous faut revenir sur nos pas et passer par la terre de nouveau. Elle est elle-même une planète, et mérite, sous ce rapport, quelques mots de description.
Nous avons déjà parlé de son volume, de son poids, etc., il suffira d'ajouter qu'elle est une planète qui circule autour du soleil en trois cent soixante et cinq jours et un quart.
Elle n’est pas tout à fait ronde, mais vue de la lune, elle paraît aussi ronde que cette dernière ; son axe d'un pôle à l’autre est de dix lieues plus long que celui qui traverse l'équateur.
Elle est éloignée de trente-trois millions de lieues du soleil, et met vingt-trois heures cinquante-six minutes et quatre secondes à tourner sur elle-même.
En hiver, nous sommes plus près du soleil de treize millions de lieues que dans l'été ; ce qui paraît inconcevable, car plus nous sommes éloignés du soleil, plus il semble qu’il devrait faire froid sur la terre. Voici l'explication que nous en donnent les astronomes : en été, les rayons du soleil tombent sur la terre perpendiculairement, et, par là, ils traversent deux fois l'atmosphère d’aplomb ou verticalement, tandis que dans l'hiver, ces mêmes
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rayons tombent plus obliquement, et l'action de la réfraction en est sensiblement diminuée, En outre, dans l'été, les jours sont plus longs, ou, si vous voulez, le soleil est plus longtemps en présence,
En laissant la terre de nouveau, et en nous éloignant du soleil, nous trouvons sur notre chemin l'étincelant J/ars, qui est éloigné du soleil de cinquante-huit millions de lieues ; de sorte que nous venons de faire, d'un saut, vingtcinq millions de lieues. Mars tourne sur lui-même en vingt-quatre heures et neuf minutes, et autour du soleil en six cent quatre-vingt-sept jours, ou près de deux ans. Ses deux hémisphères ont chacun un été et un hiver, comme sut la terre ; on voit à ses deux pôles des taches blanches, qu'on croit, avec raison, être de la neige, car ces taches diminuent pendant l'été.
Dans les environs de Mars, ou plutôt entre lui et Jupiter, se trouvent cinq petites planètes, invisibles à l'œil nu, et c'est pour cela qu’on les a appelées /é/escopiques. La première a été découverte le propre jour de l'an du dixneuvième siècle, et la cinquième, il y a à peu près trois ans. Le diamètre de ces petites planètes est très petit, Les astronomes ne leur donnent guère plus de quarante à cinquante lieues de diamètre chacune, et qu'est-ce que cela à côté de celui de la terre, qui a trois mille lieues ? On croit généralement que ces petites planètes ne sont que des éclats du brisement d'une ancienne grande planète.
Jupiter est une énorme planète, mille quatre cent soixante et dix fois plus grosse que la terre ; elle ne reçoit du soleil, vu son éloignement de cet astre, que la vingt-septième partie de la lumière que la terre en reçoit. Il règne des vents alisés sur Jupiter, comme sur notre terre ; et il met douze ans à faire son tour. Son éloignement du soleil est de cent quatre-vingt millions de lieues, c’est-à-dire, cinq fois la distance de la terre au soleil. Il a quatre lunes ou satellites, ce qui lui était bien dû pour suppléer à la faiblesse de la lumière qu'il reçoit directement du soleil.
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En continuant notre ascension, nous touchons à Saturne, qui est à trois cent soixante et quatre millions de lieues du soleil. Il fait sa tournée en vingt-neuf ans et demi, il est huit cent quatre-vingt-sept fois plus gros que la terre, entouré d’un anneau de dix mille lieues de largeur et séparé du corps de la planète par un espace de huit mille lieues. C’est un pont sans piliers qui règne tout autour de la lumière que nous recevons. À Saturne se terminait le ciel planétaire des anciens.
En 1781, Hershell découvrit Uranus, qui aurait dû se nommer Hershell. Uranus est huit cent soixante et dixneuf fois plus gros que la terre, et met quatre-vingt-quatre ans à faire son tour.
On avait depuis longtemps remarqué et déterminé les déviations que les i::Îuences de Jupiter et de Saturne faisaient éprouver à la régularité d’Uranus. On s'était très bien aperçu que les influences de ces deux asires ne suffisaient pas pour produire toutes les irrégularités de ce mouvement, telles qu’on les reconnaît par l'observation. On s’imagina, dès lors, que peut-être il y avait au delà d'Uranus quelque planète inconnue, dont l'influence produisait ces irrégularités, qu’on ne pouvait toutes attribuer à Jupiter et à Saturne. Un jeune astronome francais, Leverrier, a découvert l’ivconnue, non pas avec le téles cope, mais au bout de sa plume, par un calcul très lonzx et très savant. Il a indiqué dans quelle région du ciel on devait la trouver, et à quelle époque. Sa distance du soleil est de mille deux cent cinquante-quatre millions de lieues, c'est-à-dire, trente-trois fois plus loin du soleil que ne l’est la terre.
Le mouvement de rotation des planètes est d’occident en orient, d’où résultent les mouvements apparents du soleil et des étoiles fixes autour de la terre d’orient en occident. ILes lunes conservent ce mouvement, mais il faut excepter les deux lunes d'Uranus, qui vont d’orient en occident, ce qui a fait rêver bien des astronomes.
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