‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 4)Chapitre 22 sur 81 · LE RÉP] TRE NATIONAL · texte numérisé non relu

LE RÉP] TRE NATIONAL

eu la prudence, la sagesse et Le patrotisme de fonder des institutions où la jeunesse € alors aur it reçu une instruetion pratique et pour ainsi dire culquée sur nos b ons.

Jusqu'à ce moment, messieurs, nous pouve »s le remwquer

en passant, les administrations coloniales oui se suecèdent sous la constitution de 1841, ne nous paraissent pas trop disposées à favoriser le développement de notre nationalité, en accordant quelques faveurs aux fils des enfants du sol, J'aurai occasion, plus loin, de vous prouver cela par des chiffres. Continuons, cependant, sans entrer ici dans une plus longue digression. Chaque chose aura son tour.

Comme nous venons de le voir, depuis 1759 la jeunesse canadienne-française a végété sur le sol natal, sans espoir, sans avenir, sans recevoir aucun appui, aucun encouragement, aucun conseil soit des hommes de son origine, soit du gouvernement. Cependant, chose étonnante, elle a conservé dans cette position décourageante toute sa gaieté, sa mâle énergie, son dévouement pour le pays et quelque chose du caractère chevaleresque de ses devanciers, qui, plus heureux, ont pu, sous une autre domination, déployer leurs talents sur un plus grand théâtre et sous les yeux d'hommes appréciateurs.

En effet, sous la domination française, la jeunesse du pays avait un avenir brillant. L’armée, la marine de l’état, la marine marchande et les charges administratives lui offraient un vaste champ d'exploitation. Son dévouement, son mérite, sa valeur, son courage, étaient alors appréciés par les rois de France. Pour ne pas être trop long, je ne citerai qu’un exemple, celui de d’Iberville, le glorieux fondateur de la Louisiane, fait capitaine de vaisseau de la marine d’état par Louis XIV, et mort ‘au service de la France. Il reçut dans l’âge mûr la récompense des exploits de sa jeunesse. Le roi accordait encore des priviléges commerciaux, selon lPusage du temps, de vastes terres incultes, et des titres de noblesse aux hommes qui s'étaient distingués au service de la colonie dans leur jeune âge.

Aussi les jeunes Canadiens d'alors avaient-ils un caractère plus chevaleresque, plus aventureux, plus décidé, plus fier que les jeunes Canadiens de nos jours. Ecoutez M, Garneau, l'historien du Canada, il va nous apprendre que ce beau caractère national était dû en outre à l'appréciation que les hommes savaient faire du dévouement et des travaux de la jeunesse.

“ Le jeune Canadien, dit-il, se formait aux fatigues ct à l'usage des armes à la chasse ; en peu de temps, il devenait un tireur habile, apprenait des sauvages à lâcher un plomb mortel avec promptitude, à se couvrir avec dextérité pour éviter celui de son ennemi, à tendre des embuscades. Jl surpassait bientôt son maître dans l’art de combattre dans les bois ; avec encore quelques études, il était en état de lutter contre ces barbares et contre les troupes disciplinées de l'Angleterre et de ces colonies.

‘“ Les premiers vœux, les premiers désirs ardents formés par un jeune homme, c'était de prendre part à une expédition guerrière ou de faire un voyage dans les pays d’en haut. A son retour, il racontait avec orgueil les dangers qu’il avait courus ; ses officiers louaient son courage ; on le traitait avec considération. Toutes ces marques de respect excitaient l'ambition de ses plus jeunes frères ou camarades qui, dès que l’âge de leur permettait, s’empressaient de fournir la même carrière, que tous ne laissaient qu’après un certain temps pour s'établir sur des terres et donner naissance à des familles au milieu desquelles la relation de leurs aventures répandait de bonne heure le goût de la guerre et des voyages, qu'ils avaient contracté au foyer paternel, et qui se léguait ainsi de père en fils.”

Il n’en est plus ainsi, messieurs. Quelque mérite que puisse avoir un jeune homme, les hommes mûrs, à l’exception de quelques âmes d'élite, ne le traitent plus avec considération ; et les marques de respect que lui attire son courage ou son dévouement, n’engageront jamais ses frères ou ses camarades à suivre son exemple. Les jeunes exilés de Van-

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