‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 4)Chapitre 34 sur 81 · LAMARTINE · texte numérisé non relu

LAMARTINE

Douce brise du soir, haleine parfumée, Qu’exhale, en expirant, le vaste sein du jour, Ah! puisses-tu bientôt, sur la couche embaumée, Où Dayelle s’agite, (oh! je l’ai tant aimée !) Porter à son oreille un mot de mon amour !

Allah ! je n’ai plus rien qu’un chétif dromadaire ! Un fakir, l’autre jour, m°a ravi mon caftan ! Une Circassienne, achetée au vieux Caire,

A tué ma cavuale !.. Et je suis solitaire, Comme un des noirs muets du sérail du sultan !

Car, voyez-vous, c’est elle! une odalisque pâle, Dont l’æœil noir étincelle au milieu de ses pleurs, C’est elle qui voulut que ma rouge cavale A force de courir devint, comme l’opale, Blanche sous son écume et pleine de douleurs!

Que la tente où parfois tu vas dormir, ma belle, Quand le simoun en feu règne sur le désert,

Te soit une oasis, où ton pied de gazelle

Se pose sans frémir! Que ton coursier fidèle

Y trouve une eau limpide, un gazon toujours vert !

Douce brise du soir, haleine parfumée, 8 Qu’exhale, en expirant, le vaste sein du jour, Ah! puisses-tu bientôt, sur la couche embaumée, :

Où Dayelle s’agite, (oh! je l’ai tant aimée !) Porter à son oreille un mot de mon amour !

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