JOUR DES MORTS
Au temple n’habitent plus la joie et l'espérance, les lustres ont la paleur, et l’orchestre divin qui préludait aux chants de fête, prélude aux chants des morts.
Enceinte auguste où repose la foi des tabernacles, tes ogives sacrées sont couvertes de deuil, ton sein se soulève et s’agite à de sourds gémissements,.
Monte vers les cieux, piété des humains, demande à l’éternel un doux encens qui nous rende la vie, car ici-bas tout succombe et s’efface sous le voile du néant.
Et l’homme à la terreur joint d’abondantes larmes ; la force à la faiblesse, l° rance à la crainte. Comme l’herbe des champs au souffle de l’hiver s’incline et se détache, l’homme en ce jour lugubre se sent défaillir.
Alors, pourquoi le grand du monde cesse-t-il son audace ; à côté de humble prière pourquoi le riche aitier fléchit-il le genou......? La mortalité déchire tous les cœurs.
Pleurons, pleurons où nous portons nos pas, la douleur nous appelle au pied du crucifix, un catafalque s’élève et nous dit: comme eux il vous faudra mourir.
Les glas ont réveillé des cendres assoupies...…. La pensée fait renaître un monde qui n’est plus. Heureuse illusion !
Comme scintille l’étoile au milieu des ténèbres, de précieux souvenirs éclairent les tombeaux. C’est la fraternité des vivants avec les morts.
Vive allégresse, douces harmonies, dances légères, rêves poétiques, amitié tendre, voluptés de l’âme et du cœur, vous apparaissez encore sous Je saule qui penche... un instant vous consolez.
Les pleurs ont un sourire. Sous les fleurs qu'a semées le veuvage solitaire, l’amour fidèle contemple une douce image de l’immortalité.
Et vous, petits enfants, qui avez fui la tourmente de ce monde en détresse, Dieu a fait de vous des anges pour frayer à vos mères attendries le chemin des élus.
Oh! nous nous reverrons tous, dans la céleste sphère. Après Porage passé, quel brillant arc-en-ciel... Chrétiens, nous vivrons à jamais heureux dans la sublime résurrection.
Cus. LEVESQUE.